La liste des présumés responsables, dont un ancien diplomate de l’ambassade de France à Conakry, et promet des poursuites
Deux ans après le début des enlèvements sous le CNRD, le FNDC publie une liste de responsables civils et militaires. Le dossier est transmis aux ONG et aux juridictions internationales pour "crime imprescriptible.
Le FNDC passe à l’offensive. Deux ans après les premières disparitions, le Front National pour la Défense de la Constitution a rendu publique la liste des personnes qu’il tient pour responsables des enlèvements, tortures et disparitions forcées en Guinée.
Pour le mouvement, les individus cités portent une lourde responsabilité : celle d’avoir plongé le pays dans une crise qui érode durablement la paix, la stabilité et la cohésion sociale.
Dans un réquisitoire sans concession, la coordination accuse. Fraudes, propagande, mensonges, intimidations. Mais aussi interpellations arbitraires, séquestrations, détentions illégales et actes de torture. Autant de méthodes qui, selon le FNDC, ont « _contribué à la descente aux enfers de notre chère patrie_ ».
Le Front va plus loin. Il estime que ces agissements ont poussé la Guinée à renier ses engagements internationaux en matière de démocratie et de droits humains.
Le FNDC ne compte pas s’arrêter à la publication. Le dossier, étayé de preuves et de témoignages, a été transmis à Amnesty International, à la FIDH, à Human Rights Watch, ainsi qu’à la Cour Pénale Internationale et aux partenaires de la Guinée.
L’enjeu est clair pour la coalition : qualifier ces faits de "crimes graves et imprescriptibles" et permettre l’ouverture de poursuites.
« _Les individus cités dans ce document devront répondre de leurs actes_ », martèle un responsable du Front. Il ajoute que des procédures pourraient être engagées devant les juridictions africaine, internationale, et, pour les binationaux, dans les pays de leur seconde nationalité.
En publiant cette liste, le FNDC affiche les visages des responsables des disparitions forcées en Guinée pour le présent et pour le futur. Et rappeler que, pour les disparitions forcées, le temps ne prescrit rien.
Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation





