Guinée : La dette publique inquiète, le FFSG alerte sur le risque de faire payer les générations futures

Lexpress Guinée
Nov 6, 2026



Jusqu'où la Guinée peut-elle continuer à emprunter ? Qui remboursera les milliards contractés aujourd'hui ? Le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) tire la sonnette d'alarme et réclame davantage de transparence dans la gestion de la dette publique.
Les chiffres de 2026 illustrent l'ampleur des engagements financiers de l'État. Le projet de budget rectificatif adopté pour l'exercice 2026 s'élève à 64 181 milliards de francs guinéens, pour des recettes prévisionnelles de 55 858 milliards, laissant apparaître un déficit de plus de 8 323 milliards GNF.
Plus préoccupant encore, les charges financières de la dette sont estimées à 4 764 milliards GNF, soit une hausse de 57,2 % par rapport à 2025. Autrement dit, une part croissante des ressources publiques devra servir à payer les intérêts des emprunts.
Autre illustration : en octobre 2026, l'État a mobilisé 4 579 milliards GNF à travers un emprunt obligataire, contre un objectif initial de 2 500 milliards. Cette opération est assortie d'un taux d'intérêt de 11 % sur cinq ans.
Pour le FFSG, la question n'est pas de condamner systématiquement l'emprunt, mais de savoir si les ressources mobilisées produisent suffisamment de richesses pour garantir leur remboursement.
Le Forum interpelle également les autorités sur les recettes minières, les marchés publics et la publication des contrats d'endettement.
Derrière ces milliards se trouve une responsabilité collective : la Guinée emprunte-t-elle pour construire son avenir ou risque-t-elle de transférer une facture toujours plus lourde aux générations futures ?

Ibrahima Sory Camara