CRIEF : en difficulté face aux chiffres de gestion de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré obtient un renvoi au 16 novembre

Lexpress Guinée
Nov 2, 2026



Le procès de l’ancien président de la délégation spéciale (PDS) de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré, a été renvoyé au 16 novembre 2026 par la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette décision intervient après une audience marquée par les difficultés de l’ancien responsable communal à apporter des précisions sur plusieurs chiffres liés à sa gestion.
À la barre, ce lundi 2 novembre, Ahmed Sékou Traoré a été interrogé sur les recettes fiscales et les dépenses de la commune au titre des exercices 2024 et 2025, ainsi que sur les coûts de réalisation de plusieurs infrastructures publiques.
Selon ses déclarations, les recettes fiscales de Ratoma se sont élevées à 5 milliards 187 millions 994 mille 101 francs guinéens en 2024, contre 584 millions 635 mille francs guinéens en 2025. Pour expliquer cette importante baisse, il a notamment évoqué la réduction du nombre de quartiers de la commune, passé de 34 en 2024 à 11 en 2025.
Les débats ont également porté sur la réalisation du centre de santé de Kaporo, de l’école primaire de Hamdallaye, de la maison des jeunes de Taouyah et de latrines dans plusieurs établissements scolaires publics. Interrogé sur les coûts de ces ouvrages et les entreprises adjudicataires, l’ancien PDS a reconnu ne pas se souvenir des détails, tout en affirmant que les marchés avaient été attribués à l’issue d’appels d’offres.
Concernant les dépenses communales, il a annoncé 3 milliards 555 millions 13 mille 851 francs guinéens en 2024, contre 7 milliards 382 millions 506 mille francs guinéens en 2025.
Face aux difficultés de leur client à maîtriser certains éléments des rapports, ses avocats ont sollicité un renvoi afin de lui permettre de mieux se familiariser avec les chiffres. La Cour a favorablement répondu à cette demande.
Pour rappel, Ahmed Sékou Traoré et Mohamed Camara, ancien receveur de la commune, sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité. Les débats reprendront le 16 novembre prochain.

Ibrahima Sory Camara