L’emprunt obligataire lancé par l’État guinéen en 2026 continue de susciter des réactions. Au centre des discussions : le taux d’intérêt de 11 % proposé aux investisseurs pour une durée de cinq ans.
L’opération a permis de mobiliser 4 579 milliards de francs guinéens, alors que l’objectif de départ était de 2 500 milliards. Pour les autorités, cette forte mobilisation montre que les investisseurs font confiance à l’État guinéen.
Mais une question se pose : ces 11 % ne vont-ils pas coûter trop cher au pays ?
Les responsables économiques défendent ce taux. Selon eux, il tient compte de la situation économique, de l’inflation et des risques liés au remboursement. Le gouverneur de la Banque centrale estime notamment que le rendement réel est proche de 5 %.
Cependant, plusieurs préoccupations méritent d’être examinées. Avec un taux de 11 %, l’État devra payer des intérêts importants. Cet argent pourrait aussi peser sur le budget national et réduire les moyens disponibles pour d’autres secteurs.
Autre question : lorsque les banques investissent massivement dans les obligations de l’État, auront-elles encore suffisamment de moyens pour accorder des crédits aux entreprises et aux particuliers ?
Au fond, le débat ne concerne pas seulement les 11 %. Il concerne surtout l’utilisation de l’argent collecté.
Car emprunter de l’argent n’est pas un problème en soi. Le véritable enjeu est de savoir ce que le pays en fera.
Les projets financés devront produire des résultats visibles : des emplois, des infrastructures et davantage de richesses pour les Guinéens.
Le véritable succès de cet emprunt ne sera donc pas le montant récolté, mais les bénéfices concrets pour la population.
Moussa Soumah

