CONAKRY — La lutte contre l’absentéisme scolaire revient au cœur de l’actualité. Des agents de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) ont mené une opération visant des élèves présents hors de leurs établissements pendant les heures de cours.
Cette intervention entend rappeler une exigence essentielle : le temps scolaire doit être consacré à l’apprentissage. Mais au-delà de la fermeté affichée, plusieurs questions méritent d’être posées.
L’absentéisme doit-il systématiquement entraîner une intervention policière ?
Si l’obligation scolaire et l’encadrement des enfants sont essentiels, chaque situation doit être examinée avec discernement. Une absence injustifiée peut révéler un manque de suivi parental, des difficultés familiales ou un désengagement scolaire. La réponse doit donc associer prévention, dialogue et responsabilisation.
L’OPROGEM a une mission de protection. Toute intervention impliquant des mineurs doit ainsi respecter leur dignité, leurs droits et les garanties prévues par la législation guinéenne. Le contrôle ne doit pas devenir une humiliation publique.
Les parents, les établissements scolaires et les autorités éducatives ont également un rôle déterminant à jouer pour prévenir les absences répétées et favoriser le retour en classe.
Le véritable enjeu n’est pas seulement de retrouver les élèves hors des cours, mais de comprendre pourquoi ils y sont absents.
Car si la discipline est nécessaire, l’avenir de l’école guinéenne dépend aussi de la prévention, de l’accompagnement et de la responsabilité collective.
Khady Keita

