La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ouvert, ce mercredi 7 octobre 2026, le procès de Me Sory Daouda Camara, ancien président de la Chambre nationale des huissiers de justice, et de son collaborateur Mandjou Sangaré.
Les deux hommes comparaissent pour des faits présumés d’escroquerie au jugement, de faux en écriture publique et authentique, d’usage de faux, d’usurpation de titre et de fonction et de complicité.
Au cœur du dossier : une procédure de saisie-attribution engagée en 2018 dans le cadre d’une créance revendiquée par Me Halimé Saad Chalhoub contre le Centre commercial Africof. Ecobank Guinée, concernée par cette procédure, avait finalement saisi le parquet spécial de la CRIEF le 16 juin 2026.
Selon l’accusation, Mandjou Sangaré aurait établi un procès-verbal constatant un prétendu refus de déclaration de la banque, alors qu’il n’était pas encore assermenté. Le document aurait ensuite été signé et revêtu du sceau de Me Sory Daouda Camara.
Un premier jugement rendu en novembre 2018 avait déclaré ce procès-verbal nul pour irrégularité. Malgré cela, la procédure s’est poursuivie devant les juridictions supérieures, jusqu’à une décision de la CCJA en 2025 condamnant Ecobank Guinée au paiement des causes de la saisie.
En mai 2026, un commandement de payer portant sur plus de 4,6 millions de dollars et plus de 3 milliards de francs guinéens a relancé le contentieux.
À la barre, Me Sory Daouda Camara a rejeté les accusations et défendu la régularité de son intervention. Les deux prévenus, détenus depuis le 29 septembre à la prison civile de Coyah, restent présumés innocents jusqu’à une décision définitive.
Les débats se poursuivent devant la chambre de jugement de la CRIEF.
Moussa Camara

