Kountigui de la Basse-Côte : quand la succession devient une crise de légitimité

Lexpress Guinée
Sep 22, 2026



CONAKRY — L’affaire du Kountigui de la Basse-Côte ressemble de plus en plus à un problème qui dépasse une simple succession coutumière. Après la mort d’Elhadj Sékhouna Soumah en octobre 2024, plusieurs prétendants s’étaient affrontés, contraignant les autorités à suspendre les cérémonies d’intronisation en janvier 2025 au nom de la cohésion sociale.
Un compromis avait finalement permis l’intronisation d’Elhadj Mamoudou Camara à Kindia, le 23 février 2025. Mais son décès, le 27 octobre de la même année, a rouvert la bataille. De nouvelles désignations concurrentes sont apparues, reproduisant presque à l’identique le scénario précédent.
Le paradoxe est désormais évident : une fonction présentée comme traditionnelle, morale et rassembleuse devient elle-même source de divisions. En mars 2025 déjà, des contestataires dénonçaient un processus qu’ils estimaient exclusif et politisé.
Face à cette nouvelle crise, le ministère de l’Administration du territoire affirme avoir mené des consultations et annonce une nouvelle intronisation le 26 septembre 2026. La ministre Djénabou Touré soutient que le Kountigui n’est pas élu mais désigné selon les règles traditionnelles.
Mais une question demeure : peut-on durablement imposer la légitimité coutumière sans obtenir l’adhésion de ceux qui se sentent écartés du processus ?
En plus du choix d’un homme, c’est la crédibilité même de cette institution traditionnelle qui est désormais en jeu.

Moussa Soumah