Guinée : 12 médias privés au bord du retrait d’agrément après une mission de contrôle

Lexpress Guinée
Sep 12, 2026



Le secteur audiovisuel privé guinéen est désormais sous surveillance renforcée. Après plusieurs semaines d’évaluation, le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation annonce une opération de régularisation qui pourrait bouleverser la situation de plusieurs médias.
Les résultats de la mission de contrôle ont été présentés ce vendredi 11 septembre 2026 par le secrétaire général du ministère, Souleymane Bah. L’évaluation, conduite par la DNCRMP et le FADEM, a permis d’identifier plusieurs manquements aux obligations prévues par la réglementation.
Premier point de tension : les agréments. Selon le rapport, la plupart des radios et télévisions privées concernées n’auraient pas renouvelé leurs autorisations, à l’exception des médias récemment agréés.
Les contrôleurs signalent également des situations dans lesquelles des stations diffusent leurs propres programmes depuis des sites uniquement autorisés pour servir de relais. Une pratique qui pourrait entraîner des mesures administratives.
Mais le constat ne s’arrête pas aux obligations réglementaires. La mission relève aussi des conditions de travail préoccupantes pour une partie des journalistes et techniciens, notamment en matière de rémunération.
Le cas de 12 médias qui ne diffusent plus depuis plus de deux ans constitue toutefois le principal dossier à risque. Le ministère pourrait engager une procédure de retrait de leurs agréments si leur situation n’est pas régularisée.
Les promoteurs seront prochainement destinataires d’une sommation officielle leur demandant de se mettre en conformité dans le délai qui leur sera accordé.
Le gouvernement assure parallèlement vouloir soutenir les médias encore actifs, notamment à travers les programmes du FADEM consacrés à la formation et au renforcement des compétences.
Après cette mission, le message du ministère est sans ambiguïté : les médias privés devront désormais choisir entre la régularisation et le risque de perdre leur autorisation d’exercer.
Ibrahima Sory Camara