CONAKRY — Le 20 septembre approche, mais derrière l’interdiction des plastiques à usage unique se joue une question beaucoup plus large : comment la Guinée va-t-elle remplacer un emballage devenu incontournable dans le quotidien de millions de consommateurs ?
Le décret prévoit l’interdiction de la fabrication, de l’importation, de la commercialisation et de la détention des emballages et objets en plastique à usage unique. L’eau conditionnée en sachet figure parmi les secteurs directement concernés.
À quelques jours de l’échéance, les producteurs commencent à se préparer. L’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) demande à ses membres d’écouler leurs stocks avant le 20 septembre et d’arrêter ensuite la production et la commercialisation de l’eau en sachet.
Mais l’organisation professionnelle ne rejette pas la réforme. Au contraire, elle reconnaît les dégâts provoqués par les déchets plastiques dans les cours d’eau, les canalisations et le cadre de vie. Son message est plutôt celui d’une transition à organiser.
La structure propose notamment de donner une valeur économique aux déchets plastiques et de développer une véritable chaîne de recyclage : collecte, tri, broyage, lavage et transformation. L’objectif affiché est de faire émerger des PME capables de créer de nouveaux emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Reste une autre inconnue : les alternatives seront-elles suffisamment disponibles et accessibles pour les consommateurs ? Le remplacement des sachets pourrait modifier les coûts de production et, par conséquent, le prix de certains produits.
C’est là que se trouve le véritable défi de la réforme. Pour les autorités, il faut réduire la pollution. Pour les entreprises, il faut préserver les investissements et les emplois. Pour les consommateurs, il faudra surtout continuer à accéder à des produits abordables.
Le 20 septembre ne marquera donc pas seulement la fin du sachet plastique. Il pourrait aussi ouvrir le début d’un nouveau marché : celui des emballages alternatifs et de l’économie circulaire en Guinée.Cette version met davantage en avant l’impact économique, les emplois et les alternatives, plutôt que de simplement reprendre le calendrier de l’interdiction.
Mariama Camara

