Universités publiques : le SNAESURS lance un ultimatum au gouvernement et menace de passer à l'action

Lexpress Guinée
Jul 23, 2026



Conakry – La tension monte dans le secteur de l'enseignement supérieur. Le Syndicat national autonome de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNAESURS) hausse le ton et interpelle le gouvernement sur ce qu'il qualifie de « retards persistants » dans l'application de plusieurs engagements concernant les enseignants-chercheurs et chercheurs des établissements publics à caractère scientifique (EPS).
Dans un mémorandum adressé à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Bureau exécutif national du syndicat dresse une longue liste de revendications touchant à l'autonomie des universités, au financement de la recherche, à la situation administrative des personnels, aux rémunérations ainsi qu'aux réformes statutaires attendues depuis plusieurs années.
Le syndicat estime que plusieurs dispositions prévues par les textes législatifs et réglementaires, ainsi que par les protocoles d'accord signés avec le gouvernement, restent incomplètement appliquées. Il appelle ainsi les autorités à accélérer la mise en œuvre des réformes afin d'améliorer les conditions d'exercice des enseignants-chercheurs.
Parmi les principales préoccupations figure l'autonomie des universités publiques. Selon le SNAESURS, certaines compétences continuent d'être exercées par l'administration centrale, notamment la gestion des inscriptions et réinscriptions, les bibliothèques numériques ou encore certains volets de la réforme des programmes. Le syndicat dénonce également les retards dans le versement des subventions de fonctionnement et le maintien de nombreux postes de responsabilité vacants.
Le mémorandum revient aussi sur le programme national « 5 000 Masters et 1 000 PhD », dont la suspension aurait, selon le syndicat, mis en difficulté plusieurs enseignants engagés dans des formations de master et de doctorat, aussi bien en Guinée qu'à l'étranger. Le SNAESURS demande la reprise du programme, le déblocage des financements et le lancement d'un nouvel appel à candidatures.
La recherche scientifique figure également parmi les priorités du document. Le syndicat évoque le manque de financement des projets, les difficultés d'accès aux équipements modernes, l'insuffisance des infrastructures universitaires et les contraintes rencontrées pour participer aux conférences scientifiques internationales. Il plaide pour une meilleure mobilisation des ressources prévues en faveur de la recherche.
Sur le volet social, le SNAESURS réclame la régularisation de la situation de plusieurs enseignants homologues et contractuels, le paiement d'arriérés de salaires et de diverses primes, ainsi que la finalisation du statut particulier des enseignants-chercheurs. Il demande également une amélioration des conditions de travail et une révision de certains textes régissant la carrière universitaire.
Tout en privilégiant le dialogue, le syndicat fixe un cap clair : il souhaite l'ouverture rapide de négociations avec le ministère afin d'aboutir à un calendrier précis d'exécution des engagements avant la fin des vacances universitaires.
Faute de réponses jugées satisfaisantes, le SNAESURS avertit qu'il pourrait engager des actions syndicales conformément aux dispositions de la Constitution et aux conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT). Un avertissement qui intervient à quelques semaines de la reprise des activités académiques et qui pourrait raviver les tensions dans un secteur déjà confronté à de nombreux défis.
Ibrahima Sory Camara