Conakry – Après quatre années de plaidoyer, le projet de loi sur la parité entre les femmes et les hommes est désormais entre les mains des autorités de la République. Le Conseil national de la transition (CNT), à travers son Caucus des femmes parlementaires, a procédé, ce mardi, à la remise officielle du texte lors d'une cérémonie organisée dans la salle historique du 28-Septembre du Palais du peuple.
L'événement a mobilisé des responsables institutionnels, des organisations de femmes, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs acteurs de la société civile, tous venus saluer une initiative présentée comme une avancée majeure pour la participation des femmes à la gouvernance.
La cérémonie s'est ouverte par une minute de silence en mémoire de Hadja Andrée Touré, ancienne Première dame de la Première République, dont l'engagement en faveur des droits des femmes a été unanimement salué.
Prenant la parole, la première vice-présidente du CNT, Hadja Maimouna Yombouno, a retracé les différentes étapes ayant conduit à l'élaboration du projet. Elle a rappelé que ce texte est le fruit de quatre années de concertation, de plaidoyer et de travail technique menés par le Caucus des femmes parlementaires avec l'appui de plusieurs partenaires.
« Ce projet de loi est bien plus qu'un texte juridique. Il traduit notre volonté de faire de l'égalité entre les femmes et les hommes une réalité dans les institutions de notre pays », a-t-elle affirmé.
Le projet de loi a ensuite été remis au conseiller du président de la République chargé des relations avec les institutions. Il reviendra à la future Assemblée nationale de l'examiner puis, éventuellement, de l'adopter.
Structuré en cinq chapitres et vingt-quatre articles, le texte vise à instaurer un cadre légal garantissant une représentation plus équitable des femmes et des hommes dans les fonctions électives et nominatives.
Les organisations féminines voient dans cette étape un tournant historique. Pour Hadja Makalé Camara, la remise officielle du document récompense plusieurs années de mobilisation.
« Le combat ne s'arrête pas aujourd'hui. Notre objectif est de voir cette loi adoptée et effectivement appliquée afin que les femmes occupent toute leur place dans les instances de décision », a-t-elle déclaré.
Même appel lancé par Hadja Mariama Diaby, représentante des femmes de Guinée, qui a invité les futures institutions à préserver les acquis de la Transition et à poursuivre les réformes en faveur de l'égalité.
Les partenaires au développement ont également renouvelé leur soutien. Le coordonnateur résident du système des Nations unies en Guinée, Diego Zorrilla, a salué une initiative qui s'inscrit dans les engagements internationaux du pays en matière d'égalité de genre, tout en réaffirmant l'accompagnement des Nations unies.
Au nom du chef de l'État, le conseiller chargé des relations avec les institutions, Alphonse Akoi Zoumanigui, a assuré que cette dynamique sera soutenue afin de consolider les avancées enregistrées.
En attendant l'adoption du texte, les promoteurs de la réforme mettent en avant les progrès déjà réalisés. Selon eux, la Guinée figure aujourd'hui parmi les pays africains où la représentation des femmes dans les instances de décision se rapproche de la parité. Une évolution encourageante qui, espèrent-ils, sera bientôt consolidée par une loi.
I.S. Soumah

