Guinée/Assemblée nationale : les tractations s'intensifient avant la séance inaugurale du 17 juillet

Lexpress Guinée
Jul 13, 2026



À quelques jours de la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale, prévue le vendredi 17 juillet au Palais du Peuple, les tractations politiques s'accélèrent en coulisses. Si le décret présidentiel précise que cette première session sera consacrée à l'installation des députés élus et à la mise en place du bureau de l'institution, l'enjeu dépasse largement le simple caractère protocolaire.
Les discussions portent principalement sur l'élection du futur président de l'Assemblée nationale, personnalité appelée à diriger les travaux de la chambre basse du Parlement et à occuper l'un des postes les plus stratégiques de l'architecture institutionnelle du pays. Selon les règles parlementaires, ce choix reviendra exclusivement aux députés, qui éliront leur président ainsi que les autres membres du bureau de l'Assemblée. C'est donc
une bataille discrète mais déterminante.
En amont de cette échéance, plusieurs formations politiques multiplient les concertations afin de constituer des majorités capables d'influencer le vote. Les négociations concernent non seulement le perchoir, mais également la répartition des postes de vice-présidents, des questeurs, des secrétaires parlementaires ainsi que la composition des différentes commissions permanentes, véritables chevilles ouvrières de l'activité législative.
Dans les états-majors politiques, les calculs se poursuivent afin d'assurer une représentation conforme au poids de chaque groupe parlementaire, tout en recherchant un équilibre susceptible de garantir une gouvernance stable de la nouvelle législature.
Cette séance inaugurale revêt une portée symbolique majeure. Elle marque le retour d'une Assemblée nationale élue après plusieurs années durant lesquelles le Conseil national de la transition (CNT) a exercé les fonctions législatives. Elle intervient également après la proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 31 mai par la Cour suprême, ouvrant officiellement une nouvelle phase de la vie institutionnelle guinéenne.
Une fois installé, le bureau de l'Assemblée sera chargé de conduire les travaux parlementaires, d'organiser les sessions, de mettre en place les commissions et de définir les priorités législatives qui accompagneront la mise en œuvre des réformes prévues par les nouvelles institutions.
Au-delà de son rôle administratif, le président de l'Assemblée nationale occupe une place stratégique dans le fonctionnement des institutions. Il veille au bon déroulement des débats, représente l'institution auprès des autres pouvoirs publics et joue un rôle essentiel dans la conduite de l'agenda législatif.
Son élection constituera ainsi un premier test des rapports de force issus des législatives. Elle permettra également de mesurer le niveau de cohésion de la majorité parlementaire ainsi que la capacité des différentes forces politiques à nouer des alliances autour des principales responsabilités de l'hémicycle.
L'installation de la nouvelle Assemblée est particulièrement attendue par les acteurs politiques, les partenaires de la Guinée ainsi que l'opinion publique.
Toutefois les défis sont nombreux : examen des projets de loi, contrôle de l'action gouvernementale, suivi de la mise en œuvre des politiques publiques et accompagnement des réformes institutionnelles prévues par la nouvelle Constitution.
D'ici au 17 juillet, les tractations devraient donc se poursuivre dans la plus grande discrétion. Si plusieurs noms circulent déjà pour occuper le perchoir, aucune candidature officielle ne s'est encore véritablement imposée. Une chose est néanmoins certaine : le vote des députés donnera le ton de cette nouvelle législature et dessinera les premiers équilibres politiques au sein du Parlement guinéen.

M Sylla