Affaire DCPJ : la situation se complique pour Badra Koné et ses collaborateurs

Lexpress Guinée
Apr 28, 2026



À la DCPJ, l’affaire se corse entre Badra Koné, ancien président de la délégation spéciale de Matam, Moustapha Diarra Sanoh, chef du service de la taxe d’équipement, ainsi que M. Keïta, receveur communal, et M. Condé, secrétaire général de la commune de Matam.

Après des auditions séparées suivies de confrontations, les tensions sont fortement montées.

Concernant le montant d’un milliard deux cent millions (1 200 000 000 GNF) versé par le marché SOCOBA, la demande de justificatifs a révélé de graves incohérences. Le chef du service de la taxe d’équipement n’a présenté qu’une quittance de 200 millions, une information confirmée par le receveur.

S’agissant du milliard restant, le receveur affirme ne pas être au courant. Il explique aux enquêteurs qu’il venait à peine d’être nommé à ce poste lorsque les faits se sont produits.

De son côté, le chef du service de la taxe d’équipement déclare avoir remis l’intégralité des fonds à Badra Koné, sur instruction de ce dernier de ne délivrer une quittance que pour 200 millions. Une version catégoriquement rejetée par Badra Koné.

Une accusation grave, immédiatement rejetée par l’intéressé.

De son côté, le receveur communal se dédouane : il affirme n’avoir jamais été informé, expliquant qu’il venait à peine d’être nommé au moment des faits.

Il appartiendra donc à la justice de démêler le vrai du faux dans cette affaire et de déterminer les responsabilités de chacun.

Mais ce n’est pas tout.

L’enquête s’élargit à trois marchés publics suspects :

* une école primaire à Hermakonon… attribuée à une entreprise appartenant à Badra Koné lui-même ;
* un contrat de parking dans l’enceinte de la mairie ;
* la construction de magasins communaux.

Conflit d’intérêts ? Détournement ? Système organisé ?

L’audition des différents entrepreneurs révèle également de grandes incohérences entre les montants contractuels et les montants déclarés.

Concernant le parking, l’entrepreneur affirme avoir financé les travaux sur fonds propres à hauteur d’environ 7 milliards GNF. Pourtant, selon les éléments de l’enquête, ces mêmes travaux auraient également été financés par des fonds sortis de la caisse de la mairie.

Même constat pour les magasins : l’entrepreneur déclare avoir investi 32 milliards GNF et versé un acompte sur les redevances correspondant à un bail de 35 ans. Cependant, seulement 6 milliards GNF auraient été officiellement déclarés.

Face à ces nombreuses zones d’ombre et contradictions, la DPJ a décidé de demander la prolongation de la garde à vue de Badra Koné.

Hakim Sylla