À Conakry, le balai des autorités ne suffit plus: Par-delà les images, où est la solution durable ?

Lexpress Guinée
Sep 27, 2026



À Conakry, le spectacle est désormais familier : cadres de l’administration, responsables locaux et parfois ministres descendent sur le terrain, balai ou pelle en main, devant les caméras, pour participer à des opérations d’assainissement.
L’intention est louable. La propreté de la capitale concerne tout le monde. Mais une question mérite d’être posée : combien de temps une ville peut-elle être entretenue par des opérations ponctuelles et médiatisées ?
L’expérience récente invite à la prudence. En juillet 2025, les autorités guinéennes reconnaissaientles difficultés et annonçaient la recherche d’une approche plus structurée, allant jusqu’au traitement des déchets. En septembre 2026, après le drame de Dar-es-Salam, les critiques sur les équipements, le transfert des déchets et le chevauchement des responsabilités institutionnelles ont ressurgi.
Le problème n’est donc pas de savoir si un ministre doit tenir un balai. C’est plutôt de savoir qui collecte les déchets chaque jour, avec quels moyens, vers quel site, selon quel contrôle et avec quels résultats mesurables.
Une opération ponctuelle peut nettoyer une rue. Elle ne règle pas, à elle seule, la gestion des déchets.
À Conakry, les citoyens ont besoin de moins d’images de propreté et davantage d’un service public régulier, organisé et durable.

Mouss Soumah