Quête de consensus autour du nouveau mode de désignation des conseils de quartier: Peine perdue pour les facilitatrices?

Lexpress Guinée
Aug 28, 2023




Alors que les facilitatrices du cadre de dialogue cherchent à trouver l’unanimité autour du décret présidentiel donnant le pouvoir aux gouverneurs des régions administratives de nommer les conseils de quartiers et de districts, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation affirme avoir déjà pris l’arrêté d’application de ce décret contesté par une partie de la classe politique.

Rappelant que la conduite de l’administration ne peut et ne doit pas obéir à la volonté d’un parti politique, Mory Condé soutient que le décret du chef de l’Etat est légal, car conforme à la charte de la transition qui remplace la constitution dissoute jusqu’à l’adoption d’une nouvelle.

La question de savoir si la décision du colonel Mamadi Doumbouya sera appliquée ne se pose pas, martèle également le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pendant que les opposants à cet acte du pouvoir central s’apprêtent à le faire annuler par la chambre administrative de la Cour Suprême, pour violation du code électoral, une des anciens lois restaurées.

«Le décret de prorogation des lois a été pris par le chef de l’Etat, le 16 septembre 2021. Le 27 septembre nous avons une charte de la transition qui est entrée en vigueur qui produit le plein effet comme constitution dans le pays (…) Si nous devons organiser des élections au niveau des quartiers et des districts, ça voudra dire que nous allons nous engager dans une transition qui partira jusqu’à 2027 ou 2028 pour qui connaît le nombre de magistrats que nous avons. D’abord, les tribunaux de première instance dont nous disposons dans le pays, on a du mal à pouvoir meubler en magistrat. Si on doit trouver 4000 et quelque magistrats pour présider des CACV (commission administrative de centralisation des votes: NDLR), ça veut dire qu’on partait pour une transition de plusieurs années », a expliqué en premier lieu, le ministre Mory Condé contacté ce lundi 28 août 2023 par FIM FM.

Après avoir avancé ces arguments d’ordre juridique qui soutiennent le décret du président de la transition, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a indiqué qu’il y a présentement au niveau des quartiers de Conakry en particulier, des problèmes qui nécessitent le renouvellement des dirigeants.

«Maintenant, comme je l’ai dit à certains acteurs politiques qui se sont précipités pour commenter le décret du chef de l’Etat. En réalité, au fond c’est quoi ? Parce que tous les acteurs politiques se battent pour avoir un président de conseil de quartier ou de district à leur guise pour procéder à la manipulation du processus électoral. Donc avec le décret, ce n’est pas possible. Il faut que les gens essayent de comprendre.

Autre chose, j’ai fait l’expérience. J’ai invité certains présidents des conseils de quartier de Conakry à déposer au niveau de la direction nationale des affaires politiques et administration électorale, les cartes d’électeur non retirées. Vous remarquerai qu’un président du conseil de quartier qui est proche de tel parti politique, les cartes d’électeur qu’il dépose, les 100 % c’est les cartes d’électeurs des militants du parti politique opposé dans la zone. Donc aujourd’hui, tous les acteurs politiques qui s’agitent, qui se font passer pour de grands experts en décentralisation, en réalité, l’intérêt dont ils disposent dans cette affaire c’est la question de manipulation électorale. Ce n’est rien d’autre que ça. Tous les arguments fallacieux qu’on est entrain de développer par-ci par-là pour dire c’est ça la loi, ça n’a aucun fondement», a indiqué entre autres le ministre qui confirme être l’initiateur du décret qui fait polémique.

KS