Procès du 28 septembre 2009: la défense divisée devenue comme un seul homme

Lexpress Guinée
Mar 19, 2024

Jadis divisés pour des intérêts personnels, les avocats des accusés des massacres du 28 septembre 2009 ont, à l'unanimité, exprimé leur opposition à la requalification des faits sollicitée par le Ministère public.

Il y a deux semaines, pendant que les accusés comparaissent pour répondre des faits d'assassinat, viol, complicité, entre autres, le parquet du tribunal de première instance de Dixinn délocalisé à la cour d'appel de Conakry a demandé au tribunal de requalifier en "crimes contre l'humanité", les infractions commises au stade du 28 septembre, le 28 septembre 2009 et jours suivants dans des quartiers de Conakry.

Pour la défense en revanche, cette question définitivement réglée pendant la phase de l'instruction, ne devrait plus revenir dans les débats.

"Nous commençons par faire observer que ces réquisitions intervenues un an six mois après l’ouverture de ces débats, sont la preuve que le ministère public est convaincu de l’innocence du capitaine Moussa Dadis Camara quand à sa responsabilité pénale individuelle. Raison pour laquelle, il s’est aventuré sur le terrain de la responsabilité de commandement de supérieur hiérarchique et autres chefs militaires. Ces réquisitions sans doute constituent à nos yeux un acharnement contre le capitaine Moussa Dadis Camara, une manipulation pour faire une justice sélective dont nous sommes certains que ça ne passera pas devant votre tribunal. On veut à tout prix incriminer le capitaine Moussa Dadis Camara. On veut par tous les moyens mettre tout sur la tête du capitaine Moussa Dadis Camara", a affirmé Maître Pépé Antoine Lamah, un des avocats du chef de la junte militaire alors au pouvoir.

"En ramenant dans les débats des faits dont vous n’êtes pas saisis, le ministère public, monsieur le président, a passé à côté. C’est pourquoi nous de la défense du commandant Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba nous vous demandons très respectueusement de rejeter la réqualification des faits requises par le ministère public et solliciter par une partie civile Mamadou Bobo Bah et autres comme mal fondée et ordonner la continuation des débats en l’état, le tout en faisant application des articles 5, 6 du code pénal, 405 et 408 du code de procédure pénale. En le faisant monsieur le président vous aurez dit le droit, en le faisant monsieur les accesseurs vous aurez dit le droit. Nous ne sommes pas en train de quémander le droit, nous sommes entrain de demander l’application des règles rigoureuses, les seules règles de notre droit pénal. Monsieur le président, certes aujourd’hui vous êtes entrain de juger mais ce procès aussi en raison de sa médiatisation à outrance, vous aussi vous êtes jugé aussi bien ici qu’au delà de nos frontières », a renchéri Maître Lancinet Sylla, un des avocats de celui qui était l'aide de camp de Dadis Camara.

De son côté, la partie civile qui soutient la démarche du parquet, la défense fait exprès de confondre la phase de l'instruction et la phase de jugement. Elle demande au tribunal d'agréer la demande du Ministère public.

Tous les regards sont donc tournés vers le président du tribunal, Ibrahima Sory 2 Tounkara.

KS