Nouveau marché d’Enco 5 : tensions autour de l’attribution des places, les anciens déguerpis dénoncent des irrégularités

Lexpress Guinée
Jul 22, 2026



Conakry , les premières opérations d’attribution des places au nouveau marché d’Enco 5 ont été marquées, ce mardi 21 juillet 2026, par une vive contestation. Plusieurs commerçantes et commerçants, évacués il y a quelques mois des abords de la route T4, ont manifesté leur mécontentement, estimant que le processus de réinstallation ne respecte pas les engagements pris par les autorités.
Présent sur le site, le maire de la commune de Matoto, Moussa Diallo, a rappelé que le déguerpissement avait été décidé pour mettre fin à l’occupation de la chaussée, devenue selon lui incompatible avec les exigences de sécurité et de circulation. Il a expliqué que l’installation du nouveau marché, réalisée avec l’appui de l’opérateur économique AKC, devait justement offrir un cadre plus sécurisé et mieux organisé aux vendeurs.
L’autorité communale a également indiqué que les coûts d’accès aux boutiques avaient fait l’objet de discussions avec le promoteur afin d’être revus à la baisse. Les petites boutiques sont proposées à 1,2 million de francs guinéens, tandis que les plus grandes sont fixées à 1,5 million. Les commerçants installés sur les étals devront, quant à eux, s’acquitter d'un droit journalier de 5 000 francs, couvrant notamment les frais de marché, d’assainissement et de gestion des infrastructures.
Selon le maire, l’attribution des emplacements repose sur le fichier des personnes officiellement recensées lors du déguerpissement. Il assure que les installations se dérouleront progressivement, secteur par secteur, afin de préserver l’ordre et la transparence de l’opération.
Une version contestée par plusieurs anciens occupants du marché.
Un commerçant affirme que de nombreuses personnes n’ayant jamais été concernées par le déguerpissement figurent aujourd’hui parmi les bénéficiaires. Selon lui, plusieurs commerçants recensés lors de l’évacuation n’ont toujours pas obtenu de place, alors que d’autres venus de différents quartiers de Conakry seraient déjà servis. Il estime que cette situation est à l’origine de la manifestation enregistrée ce mardi.
Le commerçant dénonce également un manque de clarté sur les tarifs appliqués. Il affirme que plusieurs montants ont été successivement annoncés au cours du processus, créant une incompréhension générale. Plus préoccupant encore, il dit avoir été informé que certains espaces seraient attribués à des prix largement supérieurs aux montants officiellement communiqués.
Face à cette situation, les commerçants réclament un retour aux engagements pris lors du déguerpissement. Ils demandent aux autorités de garantir une répartition équitable des places et de donner la priorité aux véritables personnes évacuées afin que leur réinstallation se déroule dans des conditions jugées transparentes et justes.
Ibrahima Sory Camara