Seize (17) personnes en attente de leur jugement à la Maison Centrale de Conakry depuis un peu plus de dix (10) ans ont recouvert leur liberté le mardi 23 juillet au terme d'audiences de référé.
Présidant la cérémonie de remise en liberté de ces prisonniers qui n'ont jamais eu l'occasion d'être présentée à un juge, le garde des Sceaux, ministre de la justice et des droits de l'homme, Yaya Kairaba Kaba a expliqué les raisons de cette décision historique.
".. veillant sur le respect rigoureux et absolu des droits de l’homme, dès ma prise de fonction, mon premier souci a été de voir la situation carcérale exacte de ceux de nos compatriotes qui sont en conflit avec la loi. Et à l’analyse, il s’est avéré qu’au sein de la population carcérale, il y a des détenus qui sont restés très longtemps en prison, sans être situés sur leur sort. C’est ainsi que dans le souci du respect des droits de l’homme, il a été décidé au niveau du cabinet, et avec monsieur le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry de nous pencher sur cette situation, et d’apporter une solution. La meilleure façon de le faire, c’était d’organiser des audiences, des référés après avoir recensé à la maison centrale, ceux des détenus qui étaient dans cette catégorie », a expliqué le ministre Yaya Kairaba Kaba.
Cette opération qui vise aussi à désengager les maisons d'arrêt ne va pas se limiter à Conakry. Selon le ministre de la Justice et des droits de l'homme, dans les prochains jours, elle s’étendra sur toute l’étendue du territoire national.
La libération de ces personnes dont certains n'ont plus de dossier, ne signifie toutefois pas la fin des procédures les concernant, a tenu à préciser, le garde des Sceaux.
"Les parties civiles éventuelles qui se reconnaîtraient à travers ces 16 détenus libérés, auront toute la latitude parce qu’ils ne sont pas libérés comme ça. On peut les joindre à tout moment. Ils sont connus, les domiciles sont connus, les adresses sont connues. Donc s’il y a des parties civiles qui ont des prétentions, elles se manifesteront et les juges se pencheront là-dessus”, a conclu Yaya Kairaba Kaba.
KS

