La hausse du cours du pétrole au-delà de 100 dollars le baril fait peser une nouvelle pression sur le prix des produits pétroliers en Guinée. La situation pourrait placer le gouvernement face à un choix délicat : maintenir le litre à 12 000 GNF, au risque d’alourdir fortement la facture supportée par l’État, ou réviser le prix à la pompe et faire supporter une partie du surcoût aux consommateurs.
Cette tension s’explique notamment par l’écart entre le cours actuel du pétrole et l’hypothèse retenue lors de l’élaboration de la Loi de finances initiale 2026, établie autour de 68 dollars le baril.
Une éventuelle hausse du prix des hydrocarbures pourrait rapidement se répercuter sur plusieurs secteurs de l’économie. Transport, production, électricité et prix des biens et services pourraient notamment subir les effets de l’augmentation des coûts énergétiques.
La situation est d’autant plus sensible que la Guinée dépend largement des importations pour son approvisionnement en produits pétroliers. En février 2026, les principaux fournisseurs étaient notamment les Pays-Bas, avec 83,2 % des importations, suivis du Liberia (5 %), des Émirats arabes unis (3,2 %) et de la Chine (2,1 %).
Dans ce contexte, une hausse durable des cours internationaux pourrait accentuer les coûts d’approvisionnement et compliquer davantage l’équilibre entre protection du pouvoir d’achat des ménages et maîtrise des dépenses publiques.
Le niveau du prix à la pompe apparaît ainsi comme un enjeu économique majeur pour les prochains mois.
Moussa Camara

