La Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée maintient son mouvement de débrayage jusqu’à nouvel ordre. La décision fait suite au rejet de la demande de mise en liberté provisoire de Me Sory Daouda Camara et de son stagiaire, Mandjou Sangaré, par la CRIEF.
Le bras de fer se poursuit au sein de la corporation des huissiers de justice en Guinée. Malgré les démarches entreprises pour obtenir la remise en liberté provisoire de leurs confrères, les professionnels de la justice restent déterminés à maintenir leur mouvement de débrayage.
Réunie autour de cette situation, la Chambre nationale des huissiers de justice a décidé de reconduire son mot d’ordre de suspension des activités, après la décision de la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) de rejeter la demande de mise en liberté provisoire de Me Sory Daouda Camara et de son stagiaire, Mandjou Sangaré.
Le secrétaire général de la Chambre, Me Jean-Pierre Pépé Béavogui, a exprimé l’incompréhension et la déception de ses confrères face à cette décision. Selon lui, la corporation espérait que les garanties proposées permettraient d’obtenir une issue favorable pour les deux professionnels.
« La liberté est le principe et la détention est l’exception », a-t-il déclaré, rappelant la position des huissiers sur la question de la détention provisoire.
Au-delà de cette affaire judiciaire, la corporation dénonce un climat d’insécurité qui, selon ses responsables, ne permet pas aux huissiers d’accomplir sereinement leurs missions.
Pour Me Jean-Pierre Pépé Béavogui, la suspension des activités apparaît nécessaire en attendant que des garanties suffisantes soient réunies pour assurer la sécurité des professionnels dans l’exercice de leurs fonctions.
Aucune date de reprise n’est annoncée. Le maintien du débrayage laisse ainsi planer des incertitudes sur la continuité de certaines activités relevant des huissiers de justice, notamment l’exécution des décisions judiciaires et la signification des actes.
La corporation entend poursuivre sa mobilisation jusqu’à nouvel ordre, dans l’attente d’une évolution susceptible de répondre à ses préoccupations.
Moussa Soumah

