Guinée : des organisations féministes demandent une pause avant la ratification de la convention de l’UA

Lexpress Guinée
Sep 30, 2026



À Conakry, plusieurs organisations féministes et de défense des droits des femmes appellent les autorités à suspendre temporairement le processus de ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Elles demandent une révision du texte afin de renforcer ses mécanismes de protection et de mieux répondre aux réalités africaines.
Réunies ce mardi à la Maison de la presse dans le cadre de la campagne « Pause for Purpose », les organisations précisent qu’elles ne s’opposent pas à la convention, adoptée en février 2025 par l’Union africaine. Elles souhaitent toutefois que le texte soit renforcé avant sa mise en œuvre.
Selon Oumou Hawa Diallo, directrice exécutive de Malaaf Guinée, les consultations menées en 2025 ont révélé une faible implication de la société civile dans le processus d’élaboration. Sur 571 participants à quatre webinaires, 93 % ont déclaré ne pas avoir participé aux consultations ou à la rédaction de la convention.
Les organisations demandent notamment de clarifier certaines définitions liées aux violences numériques et facilitées par les technologies, mais aussi de mieux prendre en compte les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants et les mariages forcés.
L’accès à la justice figure également parmi leurs priorités, avec un meilleur accompagnement juridique des survivantes et des procédures permettant d’éviter leur revictimisation.
Les militantes insistent par ailleurs sur l’inclusion des femmes en situation de handicap, des femmes rurales, des jeunes et des survivantes de violences dans les mécanismes de décision et de suivi.
En Guinée, Malaaf appelle ainsi les autorités à soutenir un processus de révision transparent, inclusif et participatif, avec des mécanismes de suivi renforcés, des indicateurs mesurables et des budgets dédiés.

Ibrahima Sory Camara