CONAKRY — La décision est passée presque inaperçue derrière l’actualité politique, mais elle pourrait avoir des conséquences importantes dans le fonctionnement de l’État. 36 chefs de Division des Affaires Financières (DAF) dans des ministères et institutions publiques.
Présidence, Primature, Sécurité, Justice, Mines, Infrastructures, Santé, Éducation, mais aussi Assemblée nationale, Cour suprême et Cour des comptes : le mouvement couvre une large partie de l’appareil administratif.
Le DAF occupe une position stratégique dans le suivi des opérations financières et de l’exécution budgétaire de son département. Renouveler autant de responsables en même temps peut donc être interprété comme la volonté de renforcer la coordination et la maîtrise de la gestion financière.
Le choix est particulièrement significatif dans les secteurs où les ressources engagées sont importantes, notamment les mines, les infrastructures, l’énergie ou encore l’éducation.
Mais le véritable enjeu commence maintenant. Ces nouveaux responsables devront-ils simplement gérer les budgets ou contribuer à une nouvelle culture de responsabilité financière ?
La réponse se mesurera moins dans les arrêtés de nomination que dans les résultats : meilleure traçabilité des dépenses, respect des procédures, efficacité budgétaire et capacité à rendre compte.
En somme, les 36 nominations ne constituent peut-être pas seulement un changement de visages. Elles pourraient être le début d’une nouvelle étape dans la reprise en main de la gestion financière publique en Guinée.
Bintou Sylla

