Guinée /Nouvelle Assemblée nationale : les Guinéens attendent des députés des résultats, pas des promesses

Lexpress Guinée
Jul 13, 2026

Le 31 mai 2026, les Guinéens ont élu leurs nouveaux députés, mettant ainsi fin à la parenthèse du Conseil national de la transition (CNT). À quelques jours de l'installation officielle de la nouvelle Assemblée nationale, prévue le 17 juillet, une question revient avec insistance : que doivent faire les élus pour répondre aux attentes des citoyens ?
Dans les rues de Conakry comme à l'intérieur du pays, l'heure n'est plus aux promesses de campagne. Les électeurs attendent désormais des résultats concrets. Emploi, pouvoir d'achat, accès aux services sociaux de base, infrastructures ou encore contrôle de l'action gouvernementale : les défis qui attendent les nouveaux députés sont nombreux.
Pour Mamadou, jeune diplômé en quête d'emploi, la priorité est claire. « Nous avons voté avec beaucoup d'espoir. Aujourd'hui, nous attendons des députés qu'ils adoptent des lois qui favorisent l'emploi des jeunes. Beaucoup sont diplômés, mais restent sans travail. »
Même son de cloche chez Aïssatou, commerçante dans un marché de Conakry, qui voit son activité fragilisée par la hausse des prix. « La vie devient de plus en plus chère. Les députés doivent travailler sur des mesures qui protègent le pouvoir d'achat des citoyens. C'est notre principale préoccupation aujourd'hui. »
Au-delà des questions économiques, plusieurs citoyens insistent sur le rôle de contrôle que doit jouer le Parlement. Pour Ibrahima, enseignant, les députés ne doivent pas se limiter à voter des lois.
« Ils doivent aussi contrôler l'action du gouvernement, suivre l'exécution des politiques publiques et défendre les intérêts des populations. C'est pour cela que nous les avons élus. »
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les difficultés d'accès à l'eau potable et à l'électricité continuent d'alimenter les frustrations. Mère de famille, Mariama espère que les nouveaux élus resteront proches des réalités du terrain.
« Nous voulons des députés qui viennent nous écouter, qui connaissent nos problèmes et qui les défendent à l'Assemblée nationale. Les campagnes sont terminées, maintenant il faut agir. »
Les jeunes, eux aussi, réclament une autre manière de faire de la politique. Pour Abdoulaye, étudiant, le mandat parlementaire ne doit pas se limiter aux sessions à l'hémicycle.
« Après les élections, les députés ne doivent pas disparaître. Ils doivent revenir régulièrement dans leurs circonscriptions, échanger avec les citoyens et rendre compte de leur travail. »
Ces témoignages traduisent une attente largement partagée : celle d'un Parlement plus proche des populations, plus transparent et plus efficace. Les Guinéens souhaitent que cette nouvelle législature rompe avec les pratiques du passé et fasse de leurs préoccupations une véritable priorité.
À partir du 17 juillet, les députés devront élire le président de l'Assemblée nationale, mettre en place les organes de l'institution et lancer les travaux parlementaires. Mais pour de nombreux citoyens, le véritable examen commencera dès les premières décisions prises.
Le message adressé aux nouveaux élus est sans équivoque : la confiance accordée dans les urnes devra désormais se traduire par des actes. Plus que les discours, ce sont les résultats qui permettront à cette nouvelle Assemblée nationale de convaincre les Guinéens qu'elle est à la hauteur des attentes suscitées par son élection.

Mouss Sylla