La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) tente de calmer les inquiétudes autour de l’emprunt obligataire de 2 500 milliards de francs guinéens, lancé par l’État avec un rendement annuel de 11 % sur cinq ans.
Face aux acteurs du secteur bancaire et des assurances, le Gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a écarté tout risque de pénurie de liquidités. Selon lui, le montant recherché représente une faible proportion des ressources disponibles dans le système financier et ne devrait donc pas provoquer de « crise de cash ».
Cette opération intervient dans un contexte où l’État cherche à mobiliser davantage l’épargne nationale pour financer ses investissements. Pour les autorités, il s’agit d’un mécanisme classique de financement public, et non d’une situation d’urgence financière.
Mais derrière le message rassurant de la BCRG, une question demeure : quel sera le coût réel de cet emprunt pour les finances publiques ? À 11 %, les seuls intérêts représentent théoriquement 275 milliards de GNF par an, soit environ 1 375 milliards de GNF sur cinq ans, hors modalités précises de remboursement du capital.
L’opération présente donc un double visage. Elle offre aux épargnants un rendement attractif et permet à l’État de mobiliser rapidement des ressources domestiques. En revanche, elle accroît également les engagements financiers futurs du Trésor.
La BCRG insiste sur la capacité de l’État à respecter ses échéances et appelle les médias à mieux expliquer le fonctionnement de l’opération.
Le véritable indicateur à surveiller sera désormais la capacité de l’État à transformer ces ressources en investissements productifs, tout en préservant la liquidité du système bancaire et l’équilibre des finances publiques.
Ibrahima Sory Camara

