Conakry : le prix des bouteilles d’eau s’envole après l’interdiction des sachets

Lexpress Guinée
Sep 29, 2026


À Conakry, l’interdiction des sachets d’eau bouleverse les habitudes de consommation et fait grimper le coût de l’eau conditionnée.
Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction des plastiques à usage unique, le 21 septembre 2026, de nombreux consommateurs se tournent désormais vers les bouteilles. Mais cette alternative pèse lourdement sur le portefeuille.
Dans certains points de vente de la capitale, une bouteille d’eau qui pouvait coûter autour de 500 francs guinéens sous forme de sachet est désormais proposée entre 2 000 et 2 500 FG. Soit un prix pouvant être jusqu’à cinq fois supérieur.
À Madina, l’un des grands centres commerciaux de Conakry, des consommateurs évoquent également des bidons vendus à 3 000 voire 5 000 FG, et ceux qui cherchent à écouler clandestinement les stocks vendent à des prix exorbitant.
Par exemple un pack de 25 sachets d'eau qui se vendait entre 5 mille et 6 mille franc guinéen, se négocie maintenant jusqu'à 10 mille francs guinéens. Des montants jugés difficiles à supporter au quotidien par les ménages aux revenus modestes.
Cette flambée intervient alors que les producteurs avaient eux-mêmes alerté, avant l’interdiction, sur le risque d’une forte pression sur la demande de bouteilles. L’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée estimait qu’un basculement massif des consommateurs vers ce format pouvait entraîner des tensions sur l’approvisionnement et une hausse du coût des matières premières.
La question est désormais celle du pouvoir d’achat et de l’accès à l’eau potable. Si la protection de l’environnement reste l’objectif affiché de la mesure, les consommateurs demandent des alternatives financièrement accessibles.
Pour éviter que l’eau potable ne devienne une dépense excessive, plusieurs pistes sont évoquées : réduction temporaire de la fiscalité sur l’eau conditionnée, dialogue avec les producteurs sur les prix et développement d’emballages recyclables produits localement.
L'enjeu de la transition est donc désormais double : réduire les déchets plastiques sans rendre l’eau potable inaccessible aux ménages.

Ibrahima Sory Camara