CRIEF : Le réquisitoire avant le verdict de Alphonse Charles Wright !

Lexpress Guinée
Apr 10, 2026

Ce jeudi 9 avril 2026 restera dans les annales de la Justice guinéenne. L'histoire retiendra que ce jour, M Aly Touré avait passé le témoin à M Alphonse Charles, le désormais Procureur Spécial de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF).


Comme le disait un magistrat, sous le couvert de l'anonymat, c'est la première fois en République de Guinée qu'une simple cérémonie de passation de service se transforme en tribune pour un discours-programme. Tant M Alphonse Charles Wright avait à coeur, avec un ton martial, de prouver à l'option que dans le cadre de la lutte contre la corruption, plus personne ne sera épargnée en Guinée : Magistrats, Gendarmes, Ministres... Tous ont été mis en garde par le nouvel homme fort de la CRIEF. Ce qui sembalit être une passation de service entre le Procureur Spécial sortant et celui entrant, c'est transformé en réquisitoire avant le verdict.


« le mal commence dans ma propre maison de justice »


Parlant de la corruption, le nouveau Procureur Spécial de la CRIEF a d'abord rappelé : « La corruption est un poison avec beaucoup d’adeptes. Elle peut provenir d’une personne que l’on appelle corrupteur, d’une autre que l’on appelle corrompue, ou des deux. Elle est présente partout : dans les maisons, dans la Justice, dans l’Administration publique et privée. Vu sa dangerosité et ses effets néfastes sur le développement des États, la loi sur la détection, la prévention et la répression des infractions s’applique à tout agent public, quel que soit son mandat ou sa délégation de pouvoir. Cette loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur »


« Pour obtenir une décision de justice, parfois, il faut payer... »


Pour Alphonse Charles Wright, dans la lutte contre la corruption, « le mal commence dans ma propre maison de justice. » Car a t-il souligné avec force que : «...Pour obtenir une décision de justice, parfois, il faut payer. Alors ne soyez pas étonné demain qu’un ministre ou un magistrat passe devant la CRIEF. Personne ne sera épargné. Je ne viens pas commencer, mais terminer dans la légalité ce qui a été commencé. Ne vous étonnez pas si certains parlent de ''chasse aux sorciers''. Si le sorcier mange quelqu’un, il faut vérifier et dire ce qu’il a fait. Le doute n’a pas sa place. Nous sommes sortis de la transition et nous sommes dans la phase du développement. Peut-on développer un pays tout en fermant les yeux sur la corruption ? »


«Personne ne sera épargné. »


L'ancien Ministre de la Justice a lancé un appel à ses collègues magistrats : « À partir de maintenant, je lance un appel à tous mes collègues magistrats. Celui qui est ministre, celui qui est magistrat, qu’on ne pense pas que la loi s’applique aux autres. J’ai promis et je le réaliserai : à partir de lundi, je déposerai ma déclaration de biens au greffe que j’occupe, comme l’exige la loi sur la détection des infractions. Personne ne sera épargné. J’ai moi-même comparu devant les juridictions en tant que ministre, par respect pour la loi. La loi est plus forte que nous tous. Nul n’est au-dessus de la loi ».


Dans la foulée, Alphone Charles Wrigth a parlé des trois intervenants lorsqu'un magistrat est nommé: «... Lorsqu'un magistrat est nommé, vous avez trois intervenants : le Garde des sceaux, le Conseil Supérieur de la magistrature, mais tout est courroné par celui qui a le dernier mot : C'est Monsieur le Président de la République. Vous savez pourquoi je n'ai pas dit son nom quand j'entamais ma fonction d'entrée en tant que Premier Président? Parce que je me disais qu'il n'a pas besoin ça ! Mais aujourd'hui, vous allez me permettre, lors de cette passation puisque je suis Procureur Spécial entrant, de ne pas observer le même silence que j'avais fait la fois dernière. Cette tradition là, je la mets derrière moi. »




Alphonse Wrigth n'a pas hésité à revenir,, ce que tous les magritas connaissent, sur l'histoire du Pariquet : « Vous savez le Parquet, avant, était considéré comme étant les hommes du roi. Ils étaient au serrvice du roi, les parquétiers. Ils venaient défendre l'intérêt du royaume. A un moment donné, on a dit il faut que vous cessez d'être les hommes du roi, pour dévenir les hommes de la société. C'est pourquoi, quand vous êtes parquétiers, vous défendez l'intérêt supérieur de la société. »




Le nouveau Procureur Spécial de la CRIEF a donné ce numéro vert 627 97 17 17 à la population pour dénoncer les faits de corruption et d'enrichissement illicite.


Le réquisitoire de Charles Wrigth sonne comme la fin de la récréation. Ira t-il jusqu'au bout ou c'est juste des annonces? L'avenir nous le dira.




Ibrahima Sory Kéita