Almamy Bokar Biro Barry Héros et 1er putschiste Guinéen (Par Abdoulaye Condé)

Lexpress Guinée
Aug 9, 2026



Arrivé au pouvoir par un sanglant et meurtrier coup d'état contre son propre frère aîné ( Alpha Mamadou Pèthè Barry) désigné par le Conseil des anciens après la fin du long règne de l'Almamy Ibrahima Sori Dongolfella en 1890, l'histoire pourrait retenir l'Almamy Bokar Biro Barry comme l'un des plus farouches héros de la lutte contre l'invasion coloniale mais aussi comme le 1er et un éternel putschiste Guinéen.

En effet, chassé, 2 ans après son putsch, en juillet 1892 du Pouvoir par la faction Alfaya de l'Almamy Amadou, Bokar Biro revient en juin 1894 non sans un autre bain de sang.
Le 13 décembre 1895, Almamy Bokar Biro et ses troupes sont à nouveau attaqués et vaincus à Bantignel par une coalition de chefs mécontents dirigés par Modi Abdoullaye Dhokhiré. Le Roi déchu est miraculeusement sauvé de la mort.
Réfugié dans la Province de Kébou, pays Baga à la frontière ouest de Timbi, il parvient avec l'aide du Chef de cette historique région de Telimele, Alfa Mamadou Lao, à reconstituer une armée de près de 2000 soldats. Ces derniers réussissent, au terme d'une offensive particulièrement ravageante, à decimer les troupes loyalistes et à l'installer, une 3ème fois, sur le trône le 2 février 1896, 100 ans, jour pour jour, avant le bombardement, en 1996 du même jour et du même mois, du Palais du Président Lansana Conté, à l'époque "Palais des Nations"
Le 13 novembre 1896, Bokar Biro livra son ultime bataille rangée dans la plaine de Porédaka contre l'artillerie française alliée à Modi Oumarou Bademba et Alpha Ibrahima Fougoumba.
La puissance des coalisés a eu raison de l'armée détruite de Bokar Biro Barry.
Dans sa fuite, le dernier Almamy du Foutah est rattrapé et décapité par des soldats de son ennemi, Sori Illili. Son règne commence et s'achève par le Coup d'Etat, la trahison et le sang.
Le grand mérite du héros national aura été de s'opposer farouchement à la penetration coloniale Française et de tomber les armes en mains.
Abdoulaye Condé