CONAKRY — La fiscalité du tabac s’invite au cœur des débats régionaux. Une réunion consacrée à la révision de la directive CEDEAO de 2017 sur les droits d’accise des produits du tabac s’est ouverte ce lundi 10 août 2026 à Conakry.
La rencontre réunit les États membres, les institutions communautaires et les partenaires techniques autour d’un objectif : rendre la fiscalité du tabac plus efficace et mieux adaptée aux réalités actuelles.
Pour la Guinée, cette réforme doit notamment prendre en compte les nouveaux produits à base de nicotine, renforcer les dispositifs de contrôle et améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Les autorités guinéennes souhaitent également une harmonisation plus effective des politiques fiscales au sein de la CEDEAO. Un enjeu majeur pour limiter les écarts entre les pays, renforcer la lutte contre le commerce illicite et mieux protéger les populations.
La Commission de la CEDEAO appelle, de son côté, à évaluer l’application de la directive adoptée en 2017 et à renforcer les mesures contre les circuits frauduleux.
Présente aux travaux, l’Organisation mondiale de la Santé rappelle l’urgence sanitaire. Le tabagisme provoque plus de 7 millions de décès chaque année dans le monde, dont environ 1,6 million liés à la fumée secondaire.
L’OMS recommande notamment une hausse de la taxation, le renforcement de la traçabilité des produits et l’utilisation des recettes fiscales pour soutenir le financement de la santé.
La CEDEAO cherche ainsi à construire une politique fiscale régionale capable de répondre à trois défis : augmenter les recettes, combattre le commerce illicite et réduire l’impact du tabagisme sur la santé publique.
Ibrahima Sory Camara

