Mandiana – Deux vidéos d'une violence insoutenable enflamment les réseaux sociaux depuis plusieurs jours et provoquent une vague d'indignation à travers la Guinée. Alors que de nombreux internautes affirment que ces scènes se sont déroulées à Mandiana, le procureur de la République près le tribunal de première instance de la préfecture, Abdoulaye Soumah, apporte des précisions sur l'état des enquêtes.
S'exprimant à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle session des audiences criminelles, ce lundi 20 juillet 2026, le magistrat a indiqué que la première vidéo, montrant ce qui s'apparente à un viol collectif de plusieurs jeunes filles, faisait déjà l'objet d'une procédure judiciaire ouverte depuis avril 2026.
« Les faits ne sont pas nouveaux. Grâce aux investigations de la compagnie de gendarmerie territoriale de Mandiana, quatre personnes ont été interpellées pour des faits de viol, de prise d'images, de production et de diffusion de ces vidéos sur les réseaux sociaux », a déclaré le procureur.
Selon lui, une information judiciaire est en cours et les quatre personnes mises en cause demeurent en détention provisoire dans l'attente de la suite de la procédure.
En ce qui concerne la seconde vidéo, où une jeune fille est violemment agressée par plusieurs jeunes hommes, le parquet invite à la prudence. Contrairement aux affirmations relayées sur les réseaux sociaux, rien ne permet, à ce stade, d'établir que les faits se sont produits à Mandiana.
« Nous ne connaissons ni le lieu où cette scène s'est déroulée, ni l'identité de la victime ou de l'auteur présumé. Les vérifications effectuées jusqu'à présent n'ont pas permis d'établir un lien avec la première affaire », a expliqué Abdoulaye Soumah.
Le procureur annonce toutefois l'ouverture d'une enquête afin de déterminer l'origine de cette vidéo, d'identifier les personnes concernées et de situer les faits.
Cette mise au point intervient au moment où s'ouvre la session criminelle de Mandiana, au cours de laquelle plusieurs dossiers de viol, meurtre, assassinat, enlèvement, incendie volontaire et autres crimes seront examinés par le tribunal.
Réaffirmant la détermination de la justice à lutter contre l'impunité, Abdoulaye Soumah a également rappelé que toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d'innocence jusqu'à une décision de justice définitive. Il a enfin appelé les citoyens à faire preuve de responsabilité dans le partage d'informations sur les réseaux sociaux, afin d'éviter la propagation de rumeurs ou de contenus non vérifiés.
Ibrahima Sory Camara

