N'Djamena 2026 : l'OMVS renforce son leadership sur la scène africaine de l'eau

Lexpress Guinée
Jul 18, 2026


Les 15 et 16 juillet 2026, la capitale tchadienne a accueilli le Forum africain de l'eau, organisé conjointement par le Gouvernement de la République du Tchad et le Groupe de la Banque mondiale autour du thème : « De la vision à l'action pour la sécurité hydrique du continent ». Cette rencontre de haut niveau a réuni plusieurs Chefs d'État africains, des membres de gouvernements, des dirigeants d'organisations régionales et internationales, des institutions financières, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants du secteur privé, avec une ambition commune : accélérer les investissements et renforcer la coopération en faveur de la sécurité hydrique de l'Afrique.

Les travaux ont été ouverts par Son Excellence le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad, en présence notamment de Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République islamique de Mauritanie et Président de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement de l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République gabonaise, de Son Excellence Félix Tshisekedi, Président de la République démocratique du Congo, ainsi que de Son Excellence Romuald Wadagni.

Dans son discours inaugural, le Président Mahamat Idriss Déby Itno a rappelé que la sécurité de l'eau est désormais un enjeu stratégique majeur, au cœur de la croissance économique, de la sécurité alimentaire, de la stabilité des États, de la résilience climatique et du développement durable. Il a appelé les pays africains et leurs partenaires à intensifier leurs efforts afin de mobiliser davantage de financements et de renforcer la coopération régionale pour assurer une gestion durable de cette ressource vitale.

Au fil des échanges, un consensus s'est dégagé : l'eau ne peut plus être considérée comme un simple secteur social. Elle constitue aujourd'hui un levier économique, indispensable à la transformation structurelle des économies africaines. Les participants ont souligné les retombées positives des investissements dans le secteur de l'eau sur l'agriculture, l'énergie, l'industrie, la santé, l'éducation, l'emploi et l'adaptation aux changements climatiques. Les débats ont également mis en avant les Pactes de l'Eau comme un nouvel outil de gouvernance destiné à fédérer les ministères sectoriels, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé autour d'une vision commune pour accélérer les réformes et les investissements.

Parmi les institutions les plus en vue lors de ce forum figurait l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Conduite par son Haut-Commissaire, Monsieur Mohamed Abdel Vetah, la délégation comprenait également Monsieur Mohamed Fawzi Bedredine, Directeur des Infrastructures régionales, Madame Mariama Amadou Diallo, Directrice financière, ainsi que Monsieur Drissa Doumbia, expert en changement climatique. Grâce à son expérience reconnue dans la gestion concertée des ressources en eau, l'Organisation a occupé une place centrale dans les discussions consacrées à la coopération régionale et aux investissements dans les bassins transfrontaliers.

Invité comme panéliste lors de la session intitulée « L'eau pour la planète : un pacte régional pour les bassins transfrontaliers d'Afrique », le Haut-Commissaire Mohamed Abdel Vetah est intervenu aux côtés des responsables des principales organisations africaines de bassins fluviaux et lacustres. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération entre les organismes de bassin, la consolidation de leurs cadres institutionnels, l'accélération de la mise en œuvre des Pactes de l'Eau ainsi que le partage des meilleures pratiques en matière de gouvernance transfrontalière et d'adaptation à la variabilité climatique. S'appuyant sur l'expérience de l'OMVS, il a plaidé pour une coopération renforcée entre les institutions de bassin, soulignant que la gestion concertée de l'eau constitue un puissant moteur d'intégration régionale, de stabilité et de développement durable.

Le Haut-Commissaire Mohamed Abdel Vetah s'est de nouveau distingué par la pertinence de ses analyses. Son intervention a mis en évidence les défis auxquels sont confrontés les bassins transfrontaliers africains tout en proposant des pistes concrètes pour renforcer les mécanismes de financement, la gouvernance et la coopération régionale.

L'expertise de l'OMVS a également été mise en lumière lors de la session consacrée au rôle des organismes de bassin dans la mobilisation des investissements. Monsieur Mohamed Fawzi Bedredine y a défendu une vision ambitieuse, estimant que ces institutions doivent désormais être considérées comme de véritables acteurs stratégiques capables de concevoir, structurer, mobiliser et sécuriser les financements nécessaires au développement des infrastructures hydrauliques, plutôt que comme de simples bénéficiaires des financements internationaux. Cette approche, inspirée de l'expérience de l'OMVS, a reçu un accueil particulièrement favorable.

En marge du Forum, plusieurs rencontres stratégiques ont prolongé les échanges. Une réunion a rassemblé les ministres des pays membres du BASM — la Gambie, la Mauritanie et le Sénégal — en présence du Haut-Commissaire de l'OMVS, tandis que le ministre de la Guinée-Bissau, empêché, n'a pu participer. Les discussions ont permis de faire le point sur l'état d'avancement du processus de validation et de signature de l'accord en préparation.

Une autre concertation a réuni les responsables de
de l'Autorité du Bassin du Niger (ABN), de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), de l'Autorité du Bassin de la Volta (ABV) et de l'OMVS afin d'examiner le projet de Pacte régional des bassins porté par la Banque mondiale. Les échanges ont permis de dégager plusieurs convergences en faveur d'un renforcement de la coopération entre les organismes de bassin et d'une mobilisation accrue des financements destinés aux infrastructures hydrauliques du continent.

Au terme de ces deux journées de travaux, un message fort s'est imposé : l'Afrique dispose désormais des compétences, de l'expertise et des ressources nécessaires pour relever le défi de la sécurité hydrique. L'enjeu réside désormais dans la capacité des États, des organisations de bassin et des partenaires au développement à transformer les engagements politiques en actions concrètes.

Par Aboubacar SAKHO
Expert en communication au Haut-Commissariat de l’OMVS à Dakar