Maison centrale de Coyah : comment Toumba Diakité a été extrait à 4h du matin

Lexpress Guinée
Mar 23, 2026




Comme annoncé dans notre précédente publication, le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, a été extrait une nouvelle fois de la maison centrale de Coyah, où il était détenu depuis le 10 février dernier, dans un isolement total au sous-sol de la prison.

Mais ce qui s’est passé ce lundi 23 mars, aux environs de 4 heures du matin, dépasse désormais le simple cadre d’un transfert pénitentiaire.

Selon les informations recueillies par Gbassikolo, un dispositif lourdement armé a été déployé autour de la maison centrale de Coyah.

Des pick-up militaires, des blindés, et des éléments équipés d’armes lourdes ont pris position, transformant les lieux en véritable zone d’opération.

Puis, comme dans un scénario déjà vu, pour le cas de Claude Pivi ,la mise en scène a commencé.

Des hommes, habillés en blouses blanches d’hôpital, ont pénétré dans l’enceinte carcérale. Une apparence soignée, presque rassurante, mais derrière laquelle se cachait une mission bien précise , extraire Toumba Diakité.

La méthode n’est pas nouvelle. Elle rappelle étrangement celle utilisée lors de l’extraction du colonel Claude Pivi dans la même prison, escorté à l’époque par des individus déguisés en personnel médical avant de disparaître dans une ambulance noire.

Ce lundi, le même décor. Les mêmes habits. La même stratégie.
Les hommes en personnel médical , blouses blanches, se sont dirigés directement vers le sous-sol, là où Toumba était détenu à l’isolement. Une opération rapide, ciblée, sans détour.

Selon nos sources, Toumba Diakité a exigé la présence de ses avocats avant toute sortie. Une demande légitime. Mais dans cette opération visiblement déjà décidée, aucune place n’a été laissée à la procédure.

Il n’a pas été écouté.
Les agents ont procédé autrement , ils l’ont bandé les yeux , sans notification officielle, sans document présenté, il a été conduit de force hors de sa cellule.

À l’extérieur, une ambulance noire attendait. Moteur allumé.
Toumba y a été embarqué sous escorte renforcée : blindés, pick-up armés de 14-7, et un convoi sécuritaire digne d’une opération militaire.

Depuis, aucune trace.
Aucune destination connue.
Aucune communication officielle.
Et comme toujours, le silence.

Pendant ce temps, du côté du ministère de la Justice, aucune déclaration. Comme si, une fois encore, les autorités découvraient les faits en même temps que l’opinion publique, à travers les réseaux sociaux.

Ils s’emploient à trouver des arguments afin de dissimuler, une nouvelle fois, une atteinte grave à l’indépendance de la justice.

Ainsi va la justice au paradis

Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation
Très très indépendant