Conakry – Le tribunal criminel de Dixinn, siégeant à la Cour d'appel de Conakry, a prononcé ce lundi l'acquittement du colonel Bienvenu Lamah dans le second volet du procès des événements du 28 septembre 2009. Les juges ont estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d'établir sa responsabilité pénale, ordonnant ainsi sa remise en liberté après plusieurs années de détention préventive.
Poursuivi pour des faits présumés de complicité de crimes liés aux violences du 28 septembre 2009, l'officier avait toujours contesté les accusations portées contre lui. Durant les audiences, ses avocats ont plaidé l'absence de preuves suffisantes, tandis que le ministère public avait requis une peine d'emprisonnement et une requalification des faits en crimes contre l'humanité.
À peine le verdict annoncé, les réactions se sont multipliées sur Facebook, X et d'autres plateformes. Plusieurs internautes saluent une décision qu'ils considèrent comme le triomphe de la présomption d'innocence et de l'indépendance de la justice. D'autres, en revanche, expriment leur incompréhension et leur déception, estimant que cette décision risque de raviver les frustrations des victimes et de leurs proches.
Des publications appellent également au respect de la décision de justice tout en rappelant que le dossier du 28-Septembre demeure l'un des chapitres les plus sensibles de l'histoire contemporaine de la Guinée. Plusieurs commentaires invitent à éviter toute récupération politique de ce verdict et à préserver la sérénité du débat public.
Si le colonel Bienvenu Lamah retrouve aujourd'hui la liberté, cette décision ne met pas fin aux discussions qu'elle suscite. Entre satisfaction, interrogations et appels à la poursuite de la lutte contre l'impunité, le verdict continue d'alimenter les échanges, illustrant combien les événements du 28 septembre 2009 restent profondément ancrés dans la mémoire collective des Guinéens.
Ibrahima Sory Camara

