CONAKRY — La tension monte au sein de la corporation des huissiers de justice en Guinée. Réunis en assemblées générales extraordinaires, les professionnels ont décidé de suspendre leurs activités sur l’ensemble du territoire national à partir de ce jeudi 8 octobre 2026 à minuit.
Cette décision intervient après le maintien en détention de deux de leurs confrères, Maître Sory Daouda Camara, président honoraire de la Chambre nationale des huissiers, et Maître Mandjou Sangaré. La CRIEF a récemment rejeté leurs demandes de mise en liberté provisoire.
Pour la Chambre nationale des huissiers, cette situation crée un climat d’inquiétude au sein de la profession. Le secrétaire général, Maître Jean-Pierre Pépé Béavogui, estime que les conditions actuelles ne permettent plus aux professionnels d’exercer leurs missions avec sérénité.
« On ne se sent pas en sécurité », a-t-il déclaré, appelant les autorités à apporter des garanties concrètes pour protéger les huissiers dans l’exercice de leurs fonctions.
La Chambre se préoccupe également de l’état de santé de Maître Sory Daouda Camara. Selon ses confrères, celui-ci a subi deux opérations chirurgicales à la gorge et doit se soumettre à un rendez-vous médical le 2 décembre 2026.
La décision de suspension a été officiellement notifiée au garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme. Les huissiers conditionnent désormais la reprise de leurs activités à l’obtention de garanties suffisantes concernant leur sécurité et la situation de leurs confrères détenus.
Cette suspension nationale pourrait avoir des répercussions sur l’exécution de plusieurs actes et procédures judiciaires à travers le pays.
Moussa Soumah

