Guinée : la revue des établissements publics révèle de sérieux risques de gouvernance

Lexpress Guinée
Sep 11, 2026



Conakry, 10 septembre 2026 – La reprise de la Revue annuelle des Établissements Publics Administratifs et des Établissements Publics à caractère Industriel et Commercial met en lumière d’importantes faiblesses dans la gouvernance des structures publiques guinéennes.

Présidée par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, la rencontre porte sur l’évaluation des exercices 2023, 2024 et 2025.

L’état des lieux présenté lors de la rencontre révèle une situation qui interpelle. Sur 151 EPA et EPS répertoriés, seuls 119 établissements ont fourni des données jugées exploitables pour la période étudiée.

Plus préoccupant encore, 91 des 119 établissements analysés présentent un niveau de risque élevé. Un constat qui souligne les défis auxquels l’État doit faire face pour renforcer le contrôle, la transparence et l’efficacité de ses structures publiques.

La gouvernance constitue également un point de fragilité majeur. Seuls 32 établissements disposent d’un Conseil d’administration fonctionnel, tandis que 83 en sont totalement dépourvus. À cela s’ajoutent 6 établissements dirigés par des directeurs généraux par intérim.

Le niveau de respect des diligences liées à la gouvernance et à l’obligation de rendre compte reste également faible. Le taux moyen s’établit à 42,2 %, traduisant un important déficit en matière de redevabilité et de conformité aux exigences de gestion publique.

Face à ce tableau, le Premier ministre a appelé à accélérer la transformation de l’administration et à faire de la performance une exigence centrale de l’action publique.
Amadou Oury Bah a notamment rappelé l’échéance du 1er janvier 2027, date à laquelle la Guinée entend basculer pleinement vers le budget-programme et la culture de la performance.

Digitalisation, suivi permanent, meilleure gouvernance et évaluation des résultats doivent désormais accompagner cette réforme, en cohérence avec les ambitions du Programme Simandou 2040.

Au-delà du bilan des trois dernières années, cette revue apparaît ainsi comme un signal d’alerte : pour réussir sa transformation, l’État guinéen devra non seulement mobiliser davantage de ressources, mais surtout s’assurer que ses établissements publics disposent des mécanismes de gouvernance nécessaires pour les gérer efficacement et rendre compte de leurs résultats.
Moussa Camara