La gestion financière de la Loterie nationale de Guinée (LONAGUI) est désormais dans le viseur de la justice. Le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur des soupçons de détournement de deniers publics, de corruption et de faux et usage de faux.
L’affaire porte sur un montant particulièrement important : 539,17 milliards de francs guinéens de redevances présumées impayées à l’État sur le réseau physique de la LONAGUI, selon les données financières mentionnées dans l’instruction du parquet.
L’enquête confiée à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) concerne notamment trois responsables qui se sont succédé à la tête de la société : Lansana Chérif Haidara, directeur général de 2011 à 2019, Aminata Sylla, en fonction de 2019 à 2022, et Mohamed Baba Sylla, actuel directeur général depuis 2022.
Les cadres du pool financier ainsi que toute autre personne susceptible d’être impliquée sont également concernés par les investigations.
Pour établir les responsabilités éventuelles, le parquet demande notamment des perquisitions au siège de la LONAGUI, l’examen des comptes bancaires, des contrats avec les opérateurs privés et une expertise du logiciel central de gestion des mises.
Les transactions effectuées via Orange Money et MTN Mobile Money seront également passées au crible, avec des vérifications auprès de la Banque centrale et de la Direction générale des impôts.
L’objectif est de retracer les flux financiers et de déterminer si des recettes destinées au Trésor public ont été dissimulées ou indûment retenues.
À ce stade, il s’agit de soupçons faisant l’objet d’une enquête. Les responsabilités pénales des personnes citées restent à établir par la justice.
Moussa Soumah

