Au port de pêche artisanale de Kaporo, le spectacle est devenu préoccupant. À certains endroits, les algues s’amoncellent à la surface de l’eau, gênant la circulation des pirogues et compliquant le travail quotidien des pêcheurs.
Au petit matin, plutôt que de prendre rapidement le large, certains pêcheurs doivent d’abord dégager le passage. Les moteurs et les filets peuvent être encombrés par cette végétation, tandis que les manœuvres deviennent plus difficiles près du quai.
Mais qu’est-ce qui pourrait expliquer cette prolifération ?
Plusieurs facteurs environnementaux peuvent favoriser l’apparition massive d’algues. L’enrichissement des eaux en nutriments, notamment à travers les eaux usées et certains rejets provenant des activités humaines, peut stimuler leur croissance. La stagnation ou le faible renouvellement de l’eau dans certaines zones du port peut également favoriser leur accumulation. À cela peuvent s’ajouter les variations de température et les conditions météorologiques et marines.
À Kaporo, ces hypothèses mériteraient toutefois d’être vérifiées par des analyses environnementales afin de déterminer précisément l’origine du phénomène.
Pour les pêcheurs, une chose est certaine : les conséquences sont déjà visibles. Les sorties en mer sont perturbées, les manœuvres deviennent pénibles et les conditions de travail se dégradent.
« Nous voulons simplement pouvoir travailler normalement », résume un pêcheur sur le quai.
Face à cette situation, les professionnels appellent à une intervention rapide pour débarrasser le port des algues, mais aussi à une étude permettant d’identifier leur origine et d’éviter que le phénomène ne se reproduise.
À Kaporo, derrière cette invasion d’algues se joue donc bien plus qu’une question de propreté du port : c’est l’activité de centaines de pêcheurs et une partie de l’économie locale qui sont en jeu
Ibrahima Sory Camara

