Analyse : Un week-end pascal entre doutes et espérance

Lexpress Guinée
Apr 6, 2026



Cette période de célébration ne ressemble pas aux précédentes. Elle survient dans un contexte mondial en pleine mutation, parfois instable, souvent préoccupant. L’écrivain nigérian Chinua Achébé évoquait déjà, dans son œuvre Le Monde s’effondre, l’image d’un équilibre fragile. Aujourd’hui, cette vision résonne chez beaucoup, face aux bouleversements observés à travers le globe.

Un proverbe africain rappelle que tant que les lions ne racontent pas leur propre histoire, celle de la chasse glorifie uniquement le chasseur. Cette sagesse souligne l’importance de maîtriser son récit. C’est dans cet esprit que certains rendent hommage à Chinua Achébé, qui a su porter la voix du continent africain avec dignité et profondeur.

Cette année, les calendriers religieux se rejoignent presque. Les chrétiens célèbrent Pâques tandis que les musulmans marquent la fin du jeûne. Mais derrière cette convergence festive se cache une réalité plus sombre. Dans plusieurs régions en conflit, les célébrations sont assombries par la peur et l’insécurité. Au Moyen-Orient notamment, la situation reste dramatique, et beaucoup évoquent une crise humanitaire majeure.

Parallèlement, certains analystes estiment que ces tensions pourraient redessiner les équilibres mondiaux. Ils évoquent le renforcement de partenariats entre des puissances comme la Chine, la Russie et l’Iran. Ces rapprochements pourraient influencer la gestion de ressources stratégiques, notamment énergétiques, et annoncer une nouvelle configuration géopolitique.

Sur le continent africain, les répercussions se font déjà sentir. Plusieurs économies subissent les effets des décisions internationales ainsi que la baisse des soutiens extérieurs. Le coût du carburant et des denrées alimentaires ne cesse d’augmenter, compliquant le quotidien de nombreuses familles.

Dans certains pays, des mesures inhabituelles sont mises en place. Des établissements scolaires réduisent les jours de cours pour limiter les dépenses énergétiques. Des familles se retrouvent face à des choix difficiles, entre se déplacer ou se nourrir correctement. Cette réalité illustre la gravité de la crise actuelle.

Les conséquences des conflits dépassent également le cadre économique. Le secteur éducatif et industriel est touché de plein fouet : universités détruites, infrastructures abandonnées, production en déclin. Ces pertes freinent les avancées scientifiques et économiques, rendant plus lointains les objectifs de développement durable et nourrissant les incertitudes quant à l’avenir.

Pourtant, dans le même temps, le monde poursuit ses avancées technologiques. Des missions spatiales se succèdent et des découvertes importantes sont réalisées sur la Lune, à des centaines de milliers de kilomètres de la Terre. Ces progrès fascinent, mais contrastent fortement avec les difficultés que traverse l’humanité au quotidien.

Face à ces enjeux, des dirigeants africains se sont récemment réunis à Tanger pour réfléchir à des réponses concrètes. Leur appel est sans équivoque : agir vite et collectivement. Parmi les pistes proposées figurent le soutien immédiat aux populations, le renforcement de la sécurité énergétique et la consolidation des économies nationales. Ces initiatives laissent entrevoir une lueur d’espoir.

En se tournant vers le passé, certains évoquent avec nostalgie des moments plus insouciants, comme le passage du rallye Paris-Dakar en Afrique de l’Ouest, qui a marqué toute une génération. Des sites emblématiques, à l’image du Lac Rose à Dakar, continuent d’incarner cette mémoire et attirent encore aujourd’hui l’attention.

Malgré les défis, l’espoir reste essentiel. L’Afrique, tout comme le reste du monde, possède les ressources pour surmonter ces épreuves, à condition de mutualiser les efforts. Le développement est un chemin exigeant, mais accessible, et il appartient à chacun de croire en des lendemains meilleurs.

Elh Abdoulaye SALL
Consultant formateur
Expert MEARL
boleyasaala@gmail.com