Alors que des milliers de familles guinéennes restent confrontées à la malnutrition et à la précarité alimentaire, un nouveau partenariat international apporte une réponse concrète. Le Japon et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont signé, ce mercredi 22 juillet 2026, l'Accord Kennedy Round (KR) 2026, mobilisant 300 millions de yens, soit environ 16,3 milliards de francs guinéens, pour financer des programmes d'alimentation scolaire et d'assistance nutritionnelle.
L'initiative bénéficiera à 52 140 personnes dans les régions de Boké, Kankan, Faranah, Nzérékoré et Conakry. Parmi elles, 36 390 élèves recevront des repas scolaires nutritifs, tandis que 15 750 personnes vulnérables – enfants de moins de cinq ans, femmes enceintes ou allaitantes, personnes vivant avec le VIH et malades de la tuberculose – bénéficieront d'un accompagnement nutritionnel.
Au-delà du montant annoncé, cet accord rappelle une réalité persistante : malgré son potentiel agricole et ses importantes ressources naturelles, la Guinée continue de faire face à des défis majeurs en matière de sécurité alimentaire. Pour de nombreux experts, investir dans la nutrition et l'alimentation scolaire constitue l'un des moyens les plus efficaces de lutter contre la pauvreté, de favoriser la réussite éducative et de préparer une croissance plus inclusive.
Lors de la cérémonie de signature, le ministre du Plan, Ismaël Nabé, a défendu cette vision en affirmant que le développement d'un pays repose d'abord sur la qualité de son capital humain. Un message qui s'inscrit dans la stratégie Simandou 2040, laquelle place le développement humain au cœur des ambitions nationales.
Reste une question essentielle : cet appui permettra-t-il de produire des résultats durables ? Si ce financement représente une avancée importante pour des milliers de bénéficiaires, son succès dépendra de la qualité de son exécution, de la transparence dans la gestion des ressources et de sa capacité à compléter les politiques nationales de développement agricole et de protection sociale.
Entre solidarité internationale et impératif de souveraineté alimentaire, cet accord ouvre une nouvelle perspective. Mais, au-delà des annonces, c'est son impact concret sur la vie des populations qui en déterminera la véritable portée.
N.M.C

