Le ministre-président destitué catalan dit ne pas avoir fui le pays mais explique qu'il lui était impossible de préparer correctement sa défense en Espagne.



Le ministre-président destitué catalan Carles Puigdemont a indiqué vendredi à Bruxelles, dans une interview exclusive à la RTBF, vouloir se livrer "à la vraie justice (de Belgique), mais pas à la justice espagnole". Il dit ne pas avoir fui mais il était selon lui impossible de bien préparer sa défense en Espagne. M. Puigdemont a dénoncé l'action "extrêmement barbare" du gouvernement du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qu'il accuse d'être à la manoeuvre dans les derniers événements qui ont conduit en prison plusieurs membres de son équipe. Ce faisant, M. Puigdemont a également lancé un appel au "dialogue politique", la "seule solution", selon lui, permettant de sortir de l'impasse.



Il faut "faire de la politique, ce que M. Mariano Rajoy ne fait jamais", a indiqué Carles Puigdemont, qui a eu des mots très durs pour le Premier ministre espagnol. "Il a utilisé le procureur général, les tribunaux, la police, même les entrepreneurs", a-t-il dénoncé. "Ce n'est pas normal que nous risquons 30 ans de prison pour avoir" agi avec un mandat de "l'électeur", a poursuivi le ministre-président destitué.



C'est "extrêmement barbare, on ne peut pas parler de démocratie si on doit jouer avec ces règles du jeu. J'ai été élu. A quoi servent les élections? La volonté des citoyens catalans a été annulée de façon illégale par le gouvernement de Mariano Rajoy", a-t-il ajouté.



Répétant être venu à Bruxelles pour plaider la cause catalane au coeur des institutions européennes, Carles Puigdemont a dit ne pas avoir eu de contacts depuis son arrivée lundi en Belgique avec des responsables politiques belges ou européens. Disant ne pas vouloir s'immiscer dans la vie politique locale, il a ajouté vouloir être très prudent, ne s'étalant pas notamment sur les amitiés qu'il entretient.



Plusieurs chefs de file de la N-VA ont rappelé ces derniers jours les liens qui les unissent à la cause indépendatiste catalane. Evoquant le risque d'un procès inéquitable en Espagne, le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken n'avait pas exclu que M. Puigdemont puisse demander l'asile en Belgique. Le président de la N-VA Bart De Wever a indiqué qu'on ne laissait pas tomber un ami. Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a dénoncé le mandat d'arrêt visant M. Puigdemont et fustigé l'enfermement de dirigeants démocratiquement élus.



Le mandat d'arrêt européen décidé par la justice espagnole à l'encontre de Carles Puigdemont n'a toujours pas été émis.