Bannière

ACTUALITES

Souleymane Traoré: « La RER, unique ressource du FER est de GNF 250 par litre vendu à la pompe, soit un budget annuel de 180 milliards pour entretenir les routes ...»

12/10/2017

 

Le fonds d’entretien routier (F.E.R.), est un véritable fer de lance du Ministère des Travaux Publics ! Il assure le financement de l’entretien du réseau routier urbain et inter urbain et s’emploie à lutter contre toutes les formes de dégradations du réseau routier, notamment par les surcharges des véhicules qui affectent dangereusement l’état de nos routes.

Conscient de cette situation, le Gouvernement Guinéen a entamé une vaste campagne de réhabilitation de l’ensemble du réseau routier guinéen sous financement du Budget National de Développement (BND).

Le Bulletin du Gouvernement reçoit dans ce numéro, Mr Souleymane Traoré, Directeur Général du Fonds d’entretien routier (FER).

Bonjour Mr Traoré ! Vous êtes le Directeur Général du Fonds d'entretien routier (FER). Pouvez-vous, s’il vous plait, nous en faire une présentation générale ?

Le FER est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), chargé de recueillir et d’administrer des fonds destinés à l’entretien du réseau éligible à la charge de l’Etat et des collectivités décentralisées. Il est administré par un Conseil d’administration de 11 membres, composés d’un organe de direction et de représentants issus de Départements Ministériels, et d’organes professionnels. Il est d’une part sous la tutelle technique du Ministère des Travaux Publics, et d’autre part sous la tutelle financière du Ministère des Finances.

Le FER assure du mieux possible, sa mission de financement de l’entretien routier car, malgré le fait routinier que les besoins soient largement supérieurs aux ressources disponibles, nous nous efforçons de les rationnaliser et de les diversifier. Suite à l’adoption de la Loi portant protection du patrimoine routier, le pesage sera opérationnel en 2018 pour lutter contre la surcharge des véhicules, qui est l’un des principaux facteurs de dégradation de nos routes.

Aujourd’hui, le constat amer est que le réseau routier guinéen est dans un état déplorable ; à quoi cela est-il dû et quelles solutions préconisez-vous ?

En dépit d’efforts considérables d’investissements consentis depuis 2010, par le Président Alpha Condé, le réseau routier guinéen présente de grands besoins ; cela est dû à un déficit d’investissements pendant trop longtemps auparavant. Les routes nationales importantes, tout comme les voiries de la plupart des villes, n’ont jamais reçu la moindre couche de bitume depuis l’indépendance ; le tronçon Dabompa-Coyah est la toute première ‘’autoroute’’ interurbaine. Les déficits d’investissements, s’ajoutent aux conditions climatiques et aux agressions du réseau par les usagers, notamment le scandale de la surcharge des véhicules. Nous intervenons avec les moyens de l’entretien sur des réseaux qui ont dépassé le seuil de l’entretien ; ce qui nous oblige souvent à financer des programmes de réhabilitation, voire de construction, malgré des ressources très faibles, comparées aux ‘’F.E.R. des pays voisins.

La solution la plus sûre est celle suggérée par le Président de la République : investissements massifs sur le réseau et à ce titre, nous nous félicitons de l’accord négocié avec la Chine pour l’autoroute Conakry-Dabola, la voirie de Conakry, en plus d’autres projets, avec des bailleurs de fonds multilatéraux.

Le Gouvernement est également décidé à augmenter les ressources de la redevance d’entretien routier dès que les conditions le permettront.

Pour protéger le réseau, le pesage sera opérationnel courant 2018. Avec l’appui du PAST de l’Union Européenne (programme d’assistance technique au secteur des transports), nous essayons de trouver d’autres solutions de financement avec les sociétés minières qui impactent énormément aussi le réseau routier.

Le Fonds d’Entretien Routier est ce service qui, aux yeux de l’observateur, ne peut manquer de ressources, d’autant plus qu’une marge est censée lui être reversée sur chaque litre de carburant vendu sur le territoire national ! Comment expliquer alors, que ces taxes ne soient pas reversées au FER pour financer les travaux routiers ?

L’entretien du réseau routier coûte très cher. La RER, unique ressource du FER est de GNF 250 par litre vendu à la pompe, soit un budget annuel de 180 milliards pour entretenir les routes nationales bitumées ou non, les voiries urbaines, les routes préfectorales et communautaires, les pistes rurales. A titre d’exemple, le FER de la République du Mali a un budget de 700 milliards et celui de Côte d’Ivoire plus de 1000 milliards. Le Gouvernement en est conscient et pour preuve, il a accepté sur financement du BND, un programme d’urgence cette année.

Dans d’autres pays, en plus de la RER, une partie des recettes sur les vignettes est reversée au FER.

Au demeurant, les projets et contrats financés ainsi que les états financiers sont publiés chaque année. Les « observateurs » font souvent circuler de mauvaises informations soit par ignorance de nos textes et de notre fonctionnement, soit par simple mauvaise foi. J’ai même entendu sur des ondes des hommes politiques et des journalistes affirmer que nos ressources ont servi à financer des campagnes électorales ; Que répondre devant tant d’infamie et de mensonges ?

Quelles sont les autres sources de financement du FER ?

Pour l’instant, la RER demeure la seule ressource du FER. Evidemment, nous travaillons non seulement à augmenter le niveau de la RER mais aussi à diversifier les ressources par le péage et le pesage. Le Décret de création du FER ne nous autorise pas à financer la réhabilitation ou la construction des routes ; seul l’entretien routier est éligible. Mais il faut reconnaître, que face aux défis énormes du réseau, nous sommes souvent obligés, avec l’accord préalable du Conseil d’Administration, de financer des travaux de réhabilitation, voire de construction. C’est le cas des corniches Sud et Nord de Conakry, qui avaient atteint un niveau de dégradation au-delà du seuil ’entretien.

Quelle différence existe-t-il entre la Direction nationale de l’entretien routier (DNER) et le Fonds d’entretien routier (FER) ?

La Direction nationale de l’Entretien Routier est le Maître d’Ouvrage délégué, l’organe opérationnel. Sous l’autorité du Ministre des Travaux Publics, elle programme les travaux, lance les appels d’offres, établit les contrats avec les entreprises et contrôle ou fait contrôler les travaux.

Le FER est l’organe de financement. En plus de la DNER, nous finançons d’autres maîtres d’ouvrage : la DNRPC (Direction Nationale des Routes Préfectorales et Communautaires, Ministère des Travaux Publics), la DNGR (Direction Nationale du Génie Rural, Ministère de l’Agriculture) et la DNTT (Direction Nationale des Transports Terrestres, Ministère des Transports).

Où en êtes-vous avec la mise en œuvre du projet de pesage pour les gros porteurs ?

La Loi sur la protection du patrimoine routier a été promulguée. Suite à la manifestation d’intérêt lancée pour le recrutement d’un concessionnaire, une offre a été reçue et nous avons eu l’autorisation de négocier avec cette entreprise ; les négociations sont en cours. Parallèlement, les programmes de réhabilitation des postes de pesage existants sont lancés et nous espérons rendre opérationnel le pesage en 2018. Il y va aussi du respect de nos engagements communautaires au niveau de la CEDEAO.

Par ailleurs, tous les programmes des différents Maîtres d’ouvrages sont en cours. Les procédures d’appels d’offres ont retardé le démarrage de certains travaux mais les contractualisations sont en cours.

La session extraordinaire du Conseil d’Administration d’Août a autorisé des travaux d’urgence que les Maîtres d’ouvrages préparent en ce moment.

Quel est pour terminer, votre message à l’endroit des usagers de la route ?

La route est un patrimoine commun ; sa protection est l’affaire de tous et non seulement des services de l’Etat. Les routes sont construites et entretenues avec des moyens financiers importants. Il est regrettable de constater des ordures jetées sur la chaussée et dans les voies d’assainissement, des agrégats de construction sur la chaussée, la route transformée en parking ou en marchés,… Bref, je joins ma modeste voix à celle plus audible du Cardinal Robert SARAH pour demander aux usagers et à nos concitoyens un minimum de civisme.

Je vous remercie.



Pour consulter et télécharger ce nouveau numéro, merci de cliquer ici.



La Cellule de Communication du Gouvernement


 

 
Express TV
Guinée: Le premier ministre Mamdy Youla dévoile l'ossature de son gouvernement à 31 ministères!
Dépêches
Mamadou FOFANA Vs Seinkoun KABA
L’inconséquence de la Cour Suprême de Guinée !
Express radio

Archives

Echos de Sekhoutoureya
Exclusif : Communication : le plan caché du président ?
Politique
UFDG : Cellou Dalein a t-il vraiment trouvé une perle rare pour remplacer Bah Oury?
Interview de Kerfalla Camara, PDG de GUICOPRES
« Nous investissons pour vendre l’image positive de la Guinée »
Il faut sauver la Guinée du multipartisme désintégrateur
Mon point de vue (Par Sidiki Kobélé Keita )
Coup de gueule
Des clarifications indispensables (Par Aly Bocar Cissé)
Interview de Sékou Souapé Kourouma avec le journaliste Bébel
« Je n’ai jamais été dans un mouvement armé quelconque avec Alpha Condé… »
REGIONS

Gaoual : commandant Manchon Camara, officier militaire, limogé de ses fonctions de sous-préfet de Koumbia

Guéckedou : Des jeunes affichent leur préoccupation pour le développement de la préfecture

Atelier de concertation : la gouvernance locale au centre des débats

Faits divers à Kérouané: pour avoir subtilisé un bonbon, une mère brûle la paume de son enfant

Kérouané : Manifestation contre la dégradation très poussée des routes d'accès à la préfecture

Contrôle citoyen : le PASOC poursuit son offensif à Siguiri

Un ex-militant du RPG salut la jeunesse de Boké et réclame des comptes à Alpha Condé

Coyah : Déçu par sa famille, un jeune homme se pend à Gomboyah

Mandiana : Siriman décharge son fusil de calibre 12 sur sa femme en grossesse avancée

Atelier d’échanges de Kankan: Les participants recommandent la mise en place des cellules de gouvernance locale…

Bannière