24/8/2025
Dans la pensée islamique, la question de ce qui est permis ou interdit occupe une place centrale dans la vie quotidienne des croyants. Contrairement à certaines idées reçues, l’islam n’impose pas une liste exhaustive d’obligations, mais repose sur un cadre juridique nuancé qui distingue plusieurs niveaux de moralité et de légalité des actes humains.
Le droit islamique, ou charia, classifie les actions humaines en cinq catégories : obligatoire, recommandé, permis, déconseillé et interdit. Cette classification établit une hiérarchie claire. Ce qui est interdit (haram) est formellement prohibé par les textes, comme la consommation d’alcool, le vol ou l’adultère. À l’opposé, ce qui est obligatoire est impératif, comme la prière ou le jeûne pendant le mois de Ramadan.
Entre ces deux extrêmes, une large zone est laissée à la liberté individuelle. Ce qui n’est pas expressément interdit est en général considéré comme permis (halal) ou, à tout le moins, neutre (mubah). Manger un aliment qui n’est mentionné dans aucun texte, choisir son métier, ses loisirs, ou sa manière de s’habiller ( tant que cela respecte les principes généraux de modestie et de décence ) entre dans cette catégorie.
Cette approche repose sur un principe fondamental : l’origine des choses est la permission, sauf preuve du contraire. Ainsi, à moins qu’un texte du Coran ou de la Sunna n’en fasse clairement une interdiction, une action est considérée comme licite. Toutefois, cette liberté n’est pas absolue. En islam, les moyens qui mènent à un interdit peuvent eux-mêmes devenir interdits. Par exemple, une action en apparence neutre peut être proscrite si elle conduit à un péché. De plus, les savants mettent en garde contre les zones de doute : des actions ni clairement permises ni interdites, mais dont l’ambiguïté peut mettre en danger la foi ou l’éthique du croyant.
Le Prophète Muhammad ( PSL) a déclaré : « Le licite est clair, et l’illicite est clair, mais entre les deux il y a des choses douteuses que beaucoup de gens ne connaissent pas. Celui qui s’écarte des choses douteuses préserve sa religion et son honneur. » (rapporté par Boukhari et Mouslim). Ce hadith illustre la sagesse qui pousse les musulmans pieux à éviter ce qui pourrait les éloigner de la voie droite, même si ce n’est pas explicitement interdit.
Retenons qu'en islam, tout ce qui n’est pas interdit est permis, dans les limites de la morale, de la sagesse, et du bon sens religieux. Cette flexibilité offre un équilibre entre discipline spirituelle et liberté de conscience, permettant à chacun de vivre sa foi sans tomber dans une rigidité excessive.
Par Aboubacar SAKHO
Expert en Communication |